Accord de pêche Côte d’Ivoire-Union Européenne : Que change le nouveau protocole pour les Ivoiriens ?
L'accord de pêche Côte d'Ivoire-Union Européenne 2025-2029 apporte des changements significatifs : hausse des revenus, création d'emplois et stabilisation des prix du thon pour les consommateurs ivoiriens.
L'accord de pêche Côte d'Ivoire-Union Européenne signé le 6 juin 2025 à Bruxelles transforme concrètement la vie des Ivoiriens. Ce nouveau protocole 2025-2029, qui remplace l'ancien arrivé à expiration le 31 juillet 2024, génère des retombées directes pour les populations. Avec une enveloppe financière portée à 740 000 euros par an contre 682 000 euros précédemment, les bénéfices dépassent les simples chiffres sur le papier.
Les négociateurs ivoiriens ont obtenu des conditions plus favorables après des mois de discussions avec Bruxelles. Cette victoire diplomatique se traduit par des avantages concrets pour les travailleurs du secteur, les consommateurs et l'économie nationale. Le gouvernement ivoirien présente ce nouvel accord comme un outil de développement et de souveraineté alimentaire.
Plus d'emplois dans la filière halieutique
Le nouveau protocole génère directement 28 000 emplois dans le secteur de la pêche et les activités connexes. Ces postes se répartissent entre 8 000 emplois directs et 20 000 emplois indirects, touchant les familles de pêcheurs, les travailleurs portuaires et les employés des conserveries. À Abidjan, le port de pêche voit son activité renforcée grâce à l'accueil des 32 navires thoniers européens autorisés.
Les débardeurs, mécaniciens, vendeurs de poisson et transporteurs bénéficient de cette dynamique économique. Les femmes transformatrices de poisson, piliers de la commercialisation, voient leurs approvisionnements sécurisés. Cette chaîne d'emplois irrigue les quartiers populaires d'Abidjan et les villes côtières, créant un cercle vertueux d'activités économiques.
Des revenus publics en hausse
L'État ivoirien perçoit désormais 740 000 euros par an contre 682 000 euros avec l'ancien protocole, soit 58 000 euros supplémentaires annuellement. Cette augmentation de 8,5% s'accompagne d'une revalorisation des redevances payées par les armateurs européens. Les thoniers senneurs versent maintenant 12 000 euros par navire les deux premières années, contre 7 620 euros auparavant.
Ces recettes supplémentaires alimentent le budget de l'État et financent les politiques de développement du secteur halieutique. Le ministère des Ressources animales et halieutiques dispose ainsi de moyens renforcés pour moderniser les infrastructures portuaires et soutenir les pêcheurs locaux. Cette manne financière contribue également au développement de l'aquaculture nationale.
Impact sur le pouvoir d'achat des ménages
Le thon reste accessible aux familles ivoiriennes grâce à cet accord. Poisson largement consommé par les populations à revenus modestes, le thon conserve un prix abordable malgré la revalorisation de la tonne qui passe de 110 à 135 euros. L'approvisionnement régulier du marché national évite les pénuries et les flambées de prix qui pénalisent les consommateurs.
Les ménagères d'Abidjan, de Bouaké ou de San-Pedro continuent d'acheter ce poisson nutritif sans grever leur budget alimentaire. Cette stabilité des prix protège le pouvoir d'achat des familles dans un contexte d'inflation générale. Les conserveries locales maintiennent leur production à destination du marché intérieur, garantissant la disponibilité du produit.

Préservation des intérêts des pêcheurs locaux
Contrairement aux accords signés par d'autres pays africains, le protocole ivoirien protège les pêcheurs artisanaux. Les navires européens ne peuvent opérer qu'au-delà des 12 milles marins, soit plus de 22 kilomètres des côtes. Cette zone d'exclusion préserve les eaux fréquentées par les pirogues et les sardiniers locaux.
« Ces navires thoniers ne peuvent pêcher que le thon au-delà des 12 milles marins », précise le communiqué officiel. Cette limitation géographique évite toute concurrence déloyale avec les professionnels ivoiriens qui n'ont pas les moyens techniques d'aller pêcher en haute mer. Les pêcheurs de Sassandra, Grand-Lahou ou Jacqueville conservent leurs zones de pêche traditionnelles.
Développement industriel et technologique
L'accord stimule l'industrie de transformation du poisson en Côte d'Ivoire. Les conserveries d'Abidjan et les entrepôts frigorifiques bénéficient d'un approvisionnement régulier en thon frais. Cette activité industrielle crée des emplois qualifiés et développe le savoir-faire technologique national dans la transformation des produits halieutiques.
Le port autonome d'Abidjan consolide sa position de deuxième port thonier mondial après le Japon. Cette reconnaissance internationale attire d'autres investissements dans les infrastructures portuaires et les services maritimes. La Côte d'Ivoire devient progressivement un hub régional de la pêche thonière en Afrique de l'Ouest, avec des retombées économiques durables pour le pays.
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