Affi N’Guessan : « Simone Gbagbo n’est pas opposée à l’unité du FPI »

Conférence de presse du président du Front populaire ivoirien (), ce samedi 23 février 2019. Il s’est exprimé sur son projet d’aller voir Gbagbo, ses intentions pour l’élection présidentielle de 2020, son rapprochement avec Simone Gbagbo. Nous vous proposons quelques temps forts des échanges de Pascal Affi N’guessan avec les journalistes.

Est-ce que vous êtes  en contact avec les ex-détenus, avez-vous un projet d’aller voir le président  ?

Je maintiens le principe de rendre visite au président Laurent Gbagbo, parce que c’est un devoir de solidarité. Nous appartenons au même parti, c’est notre leader, nous avons mené jusqu’en 2010, jusqu’à son arrestation de grands combats, qui ont été ponctués de victoires mais aussi de moments de souffrance, et lorsqu’un tel compagnon se retrouve en difficulté, le premier devoir de tous les camarades c’est la solidarité. C’est un acte humain et un devoir naturel quel que soit ce qui peut avoir exister ou peut exister demain, on a devoir de compassion, de solidarité. Donc lorsque je demande à aller voir le président Laurent Gbagbo depuis ma sortie de prison, d’abord c’est par rapport à cela. Je suis en train de prendre les contacts, je le ferai le moment venu.

Avez-vous l’intention de vous présenter à l’élection présidentielle de 2020 ?

Bien évidemment. J’ai été candidat en 2015, je serai candidat à la candidature du parti pour 2020. Mais c’est le congrès du parti qui décidera qui de nous devra porter les couleurs.

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Maurice Kakou Guikahué a affirmé qu’il se propose de mener des discussions afin que le président Gbagbo consente à vous recevoir, comment apprécier cette initiative du PDCI ?

Le ministre Guikahué a effectivement évoqué cette visite à Gbagbo. Je n’ai pas d’appréciation particulière à faire. C’est le ministre Guikahué qui veut aller le voir par rapport à une question qui est interne au FPI, moi je n’ai pas d’appréciation.

Il est de plus en plus question d’un rapprochement entre vous et Simone Gbagbo, qu’en est-il exactement ?

J’ai demandé à aller la saluer, c’est elle qui gère son calendrier. Elle n’a pas encore donné une suite. Je comprends puisqu’elle s’est positionnée pour le moment dans la dissidence. Donc je comprends qu’on ne se voit pas. Si elle doit me rencontrer cela veut dire que tous ceux qui sont là-bas sont d’accord qu’elle me rencontre. Ils savent que cette rencontre à un impact sur la question de l’unité. Donc tant qu’ils n’ont pas fait l’option de l’unité, ils ne vont pas la laisser organiser cette rencontre. Le débat est en leur sein. J’ai des échos de sa posture par rapport à la question de l’unité et de la réconciliation en Côte d’Ivoire, dans certaines prises de position elle-même le dit clairement qu’elle est favorable à la réconciliation, ce qui signifie qu’elle n’est pas opposée à l’unité du FPI. Parce qu’on ne peut pas être pour la réconciliation au niveau de la nation et être contre la réconciliation au niveau interne.

Aujourd’hui, quel est l’état de santé du FPI et le chantier de la réunification ?

Je pense que le FPI se porte bien parce que fondamentalement, il n’a pas perdu de militant depuis 2010, 2011. Ceux qui sont au pouvoir comme ceux qui sont dans l’opposition mais qui aspirent au pouvoir, on ne peut pas dire à l’heure actuelle qu’ils ont capté une part importante de l’électorat et des militants du FPI. Nos militants sont là, nos électeurs sont là. Sentimentalement, je peux même dire qu’on a peut-être plus d’électeurs potentiels qu’en 2010. Si vous avez une direction qui est divisée, vous ne pouvez pas tirer suffisamment profit de ce potentiel. Lorsqu’on parle de réunification d’unité, c’est surtout pour qu’il y ait une capacité de mobilisation, une capacité qui puisse encourager ceux qui nous portent dans leur cœur, et puis les encourager à aller voter pour nous, qui puissent créer le déclic.

Retranscrit par Prince Beganssou