Steve Beko, cadre du Parti des peuples africains-Côte d'Ivoire (PPA-CI) de Laurent Gbagbo, demande que l'État contrôle les opérations de placement avant qu'elles ne tournent au scandale. Dans une publication datée de jeudi 8 octobre 2026, il énumère les affaires qui ont touché des épargnants ivoiriens : l'agrobusiness, les placements dans les taxis et les VTC (voitures de transport avec chauffeur), SAUTOC, KDS Holding et, aujourd'hui, Ivoire Challenge Corporation.

Il décrit un schéma qui se répète. Des familles, des retraités, des jeunes et des Ivoiriens de la diaspora confient leurs économies, puis les remboursements s'arrêtent, les victimes se regroupent et l'État intervient. « Pourquoi si souvent après que le mal est fait ? », s'interroge-t-il.

Il s'appuie sur plusieurs chiffres. Selon lui, le rapport officiel de 2017 sur l'agrobusiness faisait état de 36 699 personnes concernées et de 66 milliards de FCFA (francs de la Communauté financière africaine) investis. En 2024, le Trésor aurait indiqué que SAUTOC et KDS Holding avaient collecté près de 20 milliards de FCFA dans le secteur des taxis et des VTC.

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Le procureur national financier vise aussi les personnalités qui ont promu les projets immobiliers. Le juriste Jean Bonin détaille le risque pénal encouru.

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Sur le dossier Ivoire Challenge Corporation, il cite le Parquet national financier (PNF). Celui-ci évoque, à ce stade de l'enquête, environ 320,7 millions de FCFA et une soixantaine de plaintes. Le dossier concerne Rita Bénédicte Djédjé Grahon. M. Beko appelle à laisser la justice établir les responsabilités.

Une règle proposée pour les personnalités publiques

Le responsable politique s'attarde sur le rôle de la notoriété. Le Parquet indique que des artistes, des journalistes et des créateurs de contenus sont apparus dans des vidéos de promotion des projets en cause. Pour M. Beko, une personnalité connue qui prête son image « contribue à vendre de la confiance ».

Il propose que toute personnalité publique sollicitée pour promouvoir une entreprise ou une opération financière ou immobilière soit légalement tenue d'indiquer qu'il s'agit d'une publicité. Si cette obligation est contournée et que la promotion sert une fraude, sa responsabilité devrait pouvoir être recherchée, y compris pour complicité, lorsque les conditions légales sont réunies.

Il réclame aussi plus de contrôle en amont, une surveillance des opérations financières et immobilières, la traçabilité des fonds et une meilleure information du public. Il reproche enfin à l'État d'avoir contribué à crédibiliser certains promoteurs en les décorant ou en leur accordant des agréments.