Amaral (artiste zouglou) : « Ils nous ont dit qu’ils étaient la solution, ils nous ont mentis »

Amaral

L’artiste , de son nom à l’état civil, Vamara Fofana s’attaque aux promesses non tenues par le pouvoir en place. A savoir la gratuité de l’école, de l’accouchement, la création d’un million d’emplois par an. Pour lui, le régime actuel a menti aux Ivoiriens et doit être libéré pour la réconciliation des Ivoiriens.

Dans son dernier album l’artiste Amaral rappelle les promesses non tenues par le pouvoir actuel. Il le dit à travers des paroles à peine voilées, « ils ont dit qu’une fois au pouvoir, ils créeront 1 million d’emplois pour la jeunesse, cinq universités en cinq ans. L’école et l’accouchement seraient gratuit », et de rappeler, « mais cela fait bientôt dix ans que leur promesse est nulle ; ils nous ont mentis». « A l’en croire, « l’émergence est contre ses frères », et de reconnaitre, « le pays devient joli mais nous avons faim ». « Ils ont dit qu’ils étaient la solution à nos problèmes ; que leur priorité serait la jeunesse et l’amélioration des conditions de vie des Ivoiriens mais le chômage est resté notre plus vieux ami fidèle. Ils nous ont encore menti», fait remarquer Vamara Fofana.

« MAIS AUJOURD’HUI, L’ARGENT TRAVAILLE ET SE REPOSE DANS LES COMPTES DES BANQUES »

« Au temps des refondateurs qui ne s’est pas plein ? C’était des véhicules de type RAV 4, des voitures d’occasion qu’ils offraient à leurs maitresses », précise l’artiste Zouglou. Selon lui, « lorsque les émergeants (NDLR : le régime actuel) sont arrivés au pouvoir, ce sont dans les voitures de dernière génération que les jeunes filles se déplacent à cause des bizous qu’elles donnent aux ministres. Cela fait bientôt dix ans que vous nous faites rêver ».

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Il poursuit que, « mes amis se sont chamaillés, frappés, blessés, ils ont failli même se tuer », et d’indiquer, « toi, on ne sait pas d’où tu viens. Venu séparer les belligérants, tu mets un d’entre eux en prison. Mais il reviendra car tous le réclament. Lorsque celui-ci était au pouvoir, avec 200 francs CFA, on mangeait bien ». « Mais aujourd’hui, l’argent travaille et se repose dans les comptes des banques », dénonce Amaral. Pour lui, « il doit revenir (faisant allusion à Laurent Gbagbo) pour que les Ivoiriens soient réconciliés ».

De son nom à l’état civil, Vamara Fofana, l’artiste aborde dans ses textes des faits de société et dépeint le quotidien des Ivoiriens. C’est à travers le zouglou, une musique engagée, qu’il se sent le plus à l’aise pour véhiculer son message. Répondant à la question s’il était sujet à des menaces dans une interview à Fratmat.info en mai dernier, il disait ceci : « je n’ai pas beaucoup de portes ouvertes devant moi. C’est vrai, peut-être, à cause de mes chansons. J’ai reçu beaucoup de menaces anonymes, des intimidations, des harcèlements depuis la sortie de mon dernier album en 2015. Mais, je me dis que les menaces font parties des étapes pour un artiste complètement engagé auprès du peuple ».

Karina Fofana

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