Le bombardement de la base militaire française Descartes à Bouaké en 2004 reste une plaie ouverte dans les relations franco-ivoiriennes. Retour sur cette journée tragique.

Le bombardement de la base militaire française Descartes à , le 6 novembre 2004, a marqué un tournant dans l'histoire des relations entre la France et la Côte d'Ivoire. À 13h20, un chasseur de l'armée ivoirienne ouvre le feu sur la base, tuant neuf soldats français et un civil américain.

Les forces françaises, déployées dans le cadre d'une mission de maintien de la paix, n'ont pas anticipé cette attaque. Le bilan s'élève à 38 blessés, dont certains grièvement touchés. La base Descartes, située près des positions rebelles dans le centre du pays, devient le théâtre d'une tragédie qui soulève encore aujourd'hui de nombreuses questions.

Les circonstances de l'attaque

L'attaque survient dans un contexte de tensions croissantes. Les forces armées ivoiriennes lancent une offensive contre les rebelles qui occupent le nord du pays depuis 2002. La France, chargée de veiller au respect du cessez-le-feu avec l'ONU, se trouve prise entre deux feux.

Le raid aérien déclenche une réaction immédiate de Paris. L'armée française riposte en détruisant l'aviation militaire ivoirienne. Cette décision provoque des manifestations antifrançaises à Abidjan et l'évacuation de plus de 8.000 ressortissants français.

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Les suites judiciaires

L'enquête identifie rapidement les auteurs directs du bombardement. Un pilote mercenaire biélorusse, Yury Sushkin, et deux copilotes ivoiriens sont condamnés par contumace à la prison à perpétuité en 2021.

« Nous ne vous oublierons pas », déclare le président Jacques Chirac lors de l'hommage national aux victimes. Pourtant, l'arrestation des suspects au , dix jours après l'attaque, ne débouche sur aucune action concrète des autorités françaises.

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