Réunie le 6 mars 2026 à Abidjan, la CR-CI a rendu public un communiqué listant ses interrogations sur la gestion des stocks et réclamant l'ouverture d'un dialogue formel avec le Conseil Café-Cacao.

Le contexte est connu. Depuis la fin 2025, les cours mondiaux du ont fortement reculé, passant d'un record historique de près de 13 000 dollars la tonne en décembre 2024 à environ 2 900 dollars aujourd'hui. Face à cette correction, le gouvernement ivoirien a fixé, le 4 mars 2026, le prix bord champ de la campagne intermédiaire 2025-2026 à 1 200 francs CFA le kilogramme. Un niveau inférieur aux 2 800 francs de la campagne principale, mais supérieur au prix théorique de 947 francs qu'auraient produit les seules simulations du Conseil Café-Cacao. Pour maintenir ce plancher, l'État a engagé une subvention de 231 milliards 247 millions de francs CFA. Le ministre de l'Agriculture Bruno Nabagné Koné a précisé que cette décision avait été portée personnellement par le président de la République.

Deux jours plus tard, la Coordination Rurale de Côte d'Ivoire (CR-CI) a tenu une session extraordinaire à Abidjan, réunissant ses délégués régionaux. Son président, Ehora Yao Léonard, a rendu public un communiqué qui prend acte de la décision gouvernementale tout en soulevant plusieurs questions sur son exécution.

Des stocks dont le sort reste à préciser

Le 2 mars, le gouvernement avait annoncé l'existence de 123 000 tonnes de cacao bloquées dans les coopératives et mobilisé 280 milliards de francs CFA pour les racheter. L'OIA Café-Cacao s'était vu confier un mandat d'enlèvement portant sur 40 000 tonnes en priorité. La CR-CI indique que, à la date du 6 mars, seules 12 000 tonnes auraient effectivement été enlevées. L'organisation demande des informations précises sur le calendrier d'enlèvement des 28 000 tonnes restantes sous mandat, sur la situation des 83 000 autres tonnes et sur la traçabilité des fonds publics déjà engagés.

La CR-CI formule en parallèle une demande d'ouverture d'un cadre formel de concertation avec le Conseil Café-Cacao et l'OIA. Elle rappelle qu'une variation de prix de cette ampleur — plus de 57 % entre les deux campagnes — affecte directement la capacité des exploitations familiales à planifier leurs activités et à honorer leurs engagements financiers. L'organisation appelle ses membres « au calme et à la responsabilité » et dit vouloir travailler à une sortie de crise concertée.

La filière cacao emploie quelque 5 millions de personnes en Côte d'Ivoire et représente 14 % du PIB national. Le pays assure environ 40 % de la production mondiale.

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