« Le cancer du sein peut être guéri lorsqu'il est détecté précocement et pris en charge de manière adaptée. » Le professeur Judith Didi-Kouko Coulibaly, directrice générale du Centre national d'oncologie médicale et de radiothérapie Alassane Ouattara (CNRAO) d'Abidjan, a livré ce message dans un entretien, en plein Octobre rose, la campagne mondiale de sensibilisation au cancer du sein.

Selon les données Globocan, le cancer du sein est le premier cancer de la femme en Côte d'Ivoire, et le premier cancer tous sexes confondus devant celui de la prostate. Le Conseil des ministres du mercredi 14 octobre 2026 a évoqué environ 5 000 nouveaux cas par an dans le pays.

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Communiqué de la Présidence de la République du vendredi 23 octobre 2026 : Alassane Ouattara se rendra en Suisse, où il s'exprimera à l'OMC, puis à Paris.

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Le CNRAO, premier hôpital public ivoirien exclusivement consacré au cancer, a été inauguré le 18 décembre 2017 et accueille les patients depuis le 25 janvier 2018. Son étude à trois ans montre un risque de décès réduit de 25 % pour les patientes suivies pour un cancer du sein. À cinq ans, 63 patientes sur 100 sont en vie, contre 30 sur 100 avant l'ouverture du centre. Chez celles arrivées après un dépistage, la proportion monte à 85 sur 100.

Trois gestes de dépistage

La directrice recommande d'abord l'autopalpation une fois par mois, 7 à 10 jours après les règles, dès 20 ans. Elle conseille ensuite un examen des seins par un professionnel de santé au moins une fois par an dès 20 ans, puis une mammographie tous les deux ans à partir de 45 ans. En cas de boule, de douleur, de changement de la peau ou d'écoulement du mamelon hors allaitement, elle invite à consulter sans paniquer : « ce n'est pas forcément le cancer ».

Le CNRAO propose un service de dépistage tous les jours ouvrables depuis 2024. Selon la directrice, « aucun traitement ne doit être retardé pour des raisons financières » : les patients peuvent régler en plusieurs fois, et les cas sans ressources sont orientés vers l'assistante sociale. Depuis 2019, les médicaments du laboratoire Roche sont gratuits dans les hôpitaux publics, grâce à une remise moyenne de 55 % dont l'État paie le solde. Une convention similaire vient d'être signée avec AstraZeneca.

Le centre assure aussi un accompagnement non médical : groupes de parole, soutien nutritionnel, soins esthétiques gratuits et soutien spirituel mensuel.

Parmi les facteurs de risque, la professeure cite l'exposition prolongée aux œstrogènes : premières règles avant 12 ans, ménopause après 55 ans, premier enfant après 35 ans, obésité. L'âge et les antécédents familiaux comptent aussi. L'allaitement maternel exclusif d'au moins 18 mois est un facteur protecteur.