Le Conseil des ministres a adopté, mercredi 14 octobre 2026, au Palais présidentiel d'Abidjan-Plateau, un projet de loi portant création, compétence et organisation du pôle des juridictions pénales économiques et financières. Le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a présenté le texte.

Ce pôle comprend deux niveaux. Le pôle pénal économique et financier (PPEF) reste la juridiction spécialisée de premier degré. S'y ajoute la Cour d'appel pénale économique et financière, juridiction spécialisée de second degré chargée des recours formés contre les décisions rendues par le pôle.

Budget 2025 Côte d’Ivoire : excédent de 369,1 milliards FCFA
Le Conseil des ministres de la Côte d’Ivoire a adopté le projet de loi de règlement du budget 2025 : l’excédent de trésorerie atteint 369,1 milliards FCFA.

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Le gouvernement justifie cette réorganisation par la complexité de la criminalité économique et financière, qui présente souvent un caractère transnational et appelle des investigations exigeantes. Selon Amadou Coulibaly, cette structuration de la chaîne pénale « prolonge l'initiative de spécialisation introduite ces dernières années ».

Le PPEF, opérationnel depuis janvier 2020, est saisi des affaires de corruption et d'infractions assimilées, de blanchiment de capitaux, de financement du terrorisme et d'infractions financières connexes. Sa création répondait aux engagements internationaux de la Côte d'Ivoire, notamment la Convention des Nations unies contre la corruption.

Un bilan de 1 964 procédures traitées depuis 2020

Le 6 mai 2026, lors d'un forum à Abidjan sur la lutte contre la criminalité financière, la présidente du PPEF, Blanche Esso Abanet, a présenté le bilan de la juridiction. Depuis 2020, le pôle a traité 1 964 procédures et jugé 819 affaires. Depuis 2022, 15 milliards FCFA (francs CFA) ont été saisis sur des comptes bancaires, ainsi que 97 immeubles bâtis.

Le pôle est saisi des affaires dont le montant atteint ou dépasse 100 millions FCFA. Il peut aussi intervenir sur des infractions douanières, fiscales et bancaires, quel que soit le montant.