Côte d’Ivoire : Les techniques de la DG de l’ENA pour escroquer les candidats (acte 1)

Une vraie corruption à l'ENA d'Abidjan
Une vraie corruption à l'ENA d'Abidjan

Corruption : au cœur de l’escroquerie sur les frais de concours. L’administration de cette école, avec le concours complice, peut-être tacite du ministère de la Fonction publique, organise une escroquerie qui ne dit pas son nom, pour l’accession à cette école. Un scandale sur lequel ferment les yeux, les dirigeants.

Le plus prisé de tous les concours de Côte d’Ivoire reste à n’en point douter, celui de l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) fondée en 1960. Elle est composée de deux écoles : l’École de la gestion économique et financière (EGEF) et l’École de la gestion administrative et de la diplomatie (EGAD).

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« En vérité c’est une véritable arnaque, pire que l’agrobusiness de prendre 30 000 F à un jeune, tout en sachant qu’il n’y aura même pas 1% d’admis. Comme ils seront 100 000 ça fera 3 milliards. Et ne me demandez pas où vont ces milliards » s’exprimait sur la fraude à l’Ena alors ministre de la Fonction publique.

Une vraie corruption à l'ENA d'Abidjan
Une vraie corruption à l’ENA d’Abidjan
Une vraie corruption à l'ENA d'Abidjan
Une vraie corruption à l’ENA d’Abidjan

Dans un pays en panne d’idées pour résorber le chômage galopant de sa jeunesse, les concours administratifs apparaissent comme une aubaine pour sortir de la précarité. Ainsi, chaque année, des dizaines de concours sont plus ou moins ouverts à la concurrence du public, dans des conditions plus ou moins obscures. Ainsi des milliers de jeunes assoiffés de succès ou fatigués de « galérer » se jettent dans la violente lutte pour l’emploi. En pratique, les précieuses économies y rentrent et la Foi est mise à rude épreuve.

Corruption ENA et scandale

Les organisateurs de ces concours quant à eux, rivalisent d’idées pour attirer les gogos. IvoireSoire.net ouvre à partir d’aujourd’hui, une lucarne sur les techniques mafieuses des organisateurs de concours, pour se faire le maximum d’argent, en attirant le plus de monde possible.

L’une de ses techniques reste la publicité. Pour un concours d’une centaine de places disponibles, les responsables font assez de tapage, à la télé, à la radio, dans les presse et supports numériques.

A l’ENA, la directrice générale , a une idée originale, à laquelle l’on ne faisait pas beaucoup attention. Cependant, nous avons retrouvé les traces. Nous avons noté que chaque année et pour chaque concours, elle lance, tambours battants, le concours, laisse les candidats affluer puis reporte la date de dépôt des candidatures. L’objectif est simple : attirer le maximum de candidats. Donc le maximum de frais de concours.

« Lorsque vous voulez recruter un comptable et que vous lancez le concours de l’Ena, vous ne pouvez pas permettre à des sociologues, à des psychologues, à des chimistes de venir à ce concours. Mais on s’en fout. Parce que ce qui nous intéresse, ce sont les frais de concours », dénonçait Gnamien Konan.

Communication à outrance jusqu’à ce que…

L’on a l’impression que les organisateurs de ce concours se lancent dans une course effrénée à l’argent. Car plus il y a de candidats, plus les frais recueillis pour ces concours deviennent de plus en plus importants, plus la cagnotte devient importante.

Le plus révoltant dans cette affaire florissante, c’est que la même administration qui s’est employée à faire du tapage, en vue d’attirer les gogos, devient subitement silencieuse, une fois les frais payés. En effet, dès cet instant et puisqu’il n’y a plus d’argent à gagner, l’administration ne donne plus d’informations et renvoie au site Internet, qui lui, est avare en informations.

Ainsi, le candidat est souvent informé tard par le seul biais d’un affichage, du décalage de jours de composition. Il ne reçoit que des informations parcellaires, quant aux dates de délibération et de proclamation des résultats. Quant à la transparence des délibérations, n’allez pas le leur demander. Et l’on est étonné que marquée par la corruption, cette élite qui en sort, fasse preuve d’intégrité.

Karina Fofana

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