L'affaire empoisonne le climat interne de la Direction générale des impôts (DGI) depuis plusieurs semaines. Vendredi 31 juillet 2026 à Abidjan, le directeur général Abou Sié Ouattara a saisi l'ouverture du séminaire bilan du deuxième trimestre et du premier semestre 2026 pour fermement recadrer un agent de son administration, qui s'était exprimé publiquement sous couverture syndicale sur le dossier de détournement présumé de 39 milliards Fcfa secouant l'institution.

Le dirigeant a dénoncé une exposition médiatique qu'il juge préjudiciable à l'image de l'administration fiscale, estimant que cette situation fragilise les agents face aux citoyens. Visant directement l'auteur de la sortie médiatique, Abou Sié Ouattara a affirmé que ce dernier ignore l'état réel du dossier.

« Il ne connaît même pas l'affaire, il ne sait pas à quel niveau on est. On est sur ce dossier depuis novembre 2025 », a-t-il déclaré, rappelant que des personnes sont déjà incarcérées et que les procédures judiciaires suivent leur cours.

Le directeur général a par ailleurs invoqué les obligations de réserve, de secret professionnel et de loyauté qui s'imposent aux agents de la DGI, qualifiant ces prises de parole publiques de comportement susceptible de nuire à l'institution elle-même.

Des recettes en nette progression malgré la polémique

Cette mise au point intervient alors que la DGI affiche des résultats financiers en hausse sensible, qui contrastent avec la tension du moment. L'administration fiscale a recouvré 1 778,7 milliards Fcfa au deuxième trimestre 2026, pour un objectif de 1 711,2 milliards Fcfa, soit un taux de réalisation de 103,9% et une progression de 26,65% par rapport à la même période en 2025.

Sur l'ensemble du premier semestre, les encaissements atteignent 2 992,9 milliards Fcfa contre une cible de 2 985,0 milliards Fcfa, un résultat qui efface le déficit de 108 milliards Fcfa enregistré au premier trimestre. Fort de cette dynamique, Abou Sié Ouattara a fixé un nouvel objectif de 2 874,4 milliards Fcfa pour le second semestre, dont une partie substantielle attendue dès le troisième trimestre.

Le séminaire portait par ailleurs sur l'amélioration du rendement du régime de l'entreprenant et du régime des micro-entreprises, deux segments jugés en deçà des attentes de l'État, pour lesquels une feuille de route de renforcement du contrôle fiscal a été présentée. Vassogbo Bamba, directeur de cabinet adjoint représentant le ministre de l'Économie, des Finances et du Budget, a salué les performances de la DGI et appelé les agents à garder confiance malgré le climat médiatique actuel qui entoure l'institution.