Ahoua Don Mello a réagi mercredi 29 juillet 2026 aux informations faisant état d'un détournement présumé de 39 milliards de francs CFA au sein de la Direction générale des impôts (DGI). L'ingénieur et ancien ministre des Infrastructures économiques a publié un communiqué dans lequel il réclame la manifestation de la vérité sur ce dossier, porté devant le Pôle pénal économique et financier (PPEF) par le syndicat des agents des impôts (SAGI).
Dans son texte, Ahoua Don Mello relève le contraste entre ces faits présumés et le quotidien de localités privées d'eau potable, de routes praticables, de centres de santé et d'écoles, alors que l'État s'endette et sollicite les contribuables. Il précise ne pas vouloir se substituer à l'autorité judiciaire ni préjuger de l'issue de la procédure, mais réaffirme plusieurs principes devant guider le traitement de ce dossier.
Il demande d'abord que le PPEF conduise des investigations indépendantes et impartiales pour établir la chaîne de responsabilités, dans le respect de la présomption d'innocence. Il appelle ensuite au recouvrement intégral des ressources publiques concernées et à un audit indépendant des procédures de dégrèvement, d'exonération et de validation électronique au sein des régies financières.
Quatre causes structurelles de la fraude fiscale
Ahoua Don Mello identifie quatre causes structurelles à l'origine de ce type de fraude : la corruption, l'injustice fiscale, le harcèlement fiscal ainsi que l'évasion fiscale vers des paradis fiscaux. Il explique que les avantages accordés par les pouvoirs publics aux acteurs économiques les plus aisés, dans un contexte de concurrence pour attirer les investisseurs internationaux, alimentent un sentiment d'injustice fiscale qui pèse sur les entreprises les moins fortunées.
L'ancien ministre plaide également pour la protection des lanceurs d'alerte et pour la préservation de l'honneur des agents de la DGI qui exercent leur mission avec intégrité. Il conclut son communiqué en appelant à un accroissement du contenu local des investissements extérieurs et à une transition numérique renforçant la transparence et la traçabilité des opérations de l'administration fiscale.