Duékoué : Le maire Taï Glahou arrache la gestion d’un marché à une promotrice et se l’attribue

A le maire () a arraché la gestion d’un marché à une promotrice et se l’est attribué, sans autre forme de procès. Une injustice criante qui dévoile la façon peu orthodoxe de la gestion de cette commune.

Duékoué, ville-martyre, a été le théâtre le lundi 1er juillet 2018, d’une manifestation de protestation surprenante. Ce jour là en effet, des femmes du marché situé dans le quartier Résidentiel Extension ont vivement protesté, en proférant des propos particulièrement dangereux pour la cohésion communautaire.

Convention de cession de dame Doua Lou Tra
Convention de cession de dame Doua Lou Tra

Ces femmes, pour la plupart commerçantes (proches du RDR) dans ledit marché, contestent la gestion du marché par Mme , femme d’affaires et promotrice du marché qu’elle gérait jusque-là au travers d’un contrat de concession (acquise sous l’ancienne équipe municipale) en bonne et due forme. Selon les protestataires, la gestion du marché devait leur revenir, car ce serait une promesse de campagne maire issu du RDR, Jean Taï Glahou.

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Il leur aurait promis de leur céder la gestion du marché dès son installation à la mairie. Et pour joindre l’acte à la parole, seulement quelques jours après l’installation du maire que la fronde éclate. Face à ce mouvement de colère qui menaçait le bon déroulement des activités dans le marché, le troisième adjoint au maire, M. Traoré reçoit séparément les commerçantes et Mme Doua.

A cette dernière, il propose, pour faire baisser la tension, deux nouveaux collecteurs de taxes, qui devront ensuite faire le point avec elle, sous la supervision des agents de la mairie. A sa grande surprise, les collecteurs pactisent avec les frondeuses. Résultat des courses : le maire la contraint de signer à la main, une sorte de « décharge » où elle admet percevoir 300 000 FCFA mensuellement, une somme dérisoire, comparée à son investissement initial. C’est alors qu’elle saisit le préfet, pour médiation. En vain.

La décharge manuelle co-signée par le maire et la promotrice
La décharge manuelle co-signée par le maire et la promotrice

Contacté par téléphone, l’adjoint au maire Traoré n’a pas souhaité réagir au téléphone sur cette affaire, nous invitant à nous rendre sur le terrain à Duékoué pour avoir des explications.

De fait, désormais c’est lui qui verse l’argent à la dame au lieu que ce soit elle qui verse les taxes collectées au trésor, conformément au contrat (voir document signé a main levée). Ainsi désormais, c’est lui qui donne des tickets dans ce marché de Kokoma. Les femmes du RDR à qui il avait promis la gestion n’ayant rien obtenu.

En définitive, le maire est le seul gagnant dans l’affaire. Avec une recette quotidienne estimée à des centaines de milles francs, l’on imagine aisément le gain engrangé en cinq ans de gestion. De son côté, la dame spoliée a été contrainte à « l’exil », de Duékoué.

Elvire Ahonon

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