La famille décide d’enterrer Brice Siesson, 1 an après l’assassinat : L’enquête au point mort après l’adhésion de Méambly au RHDP

Evariste Méanbly
Evariste Méambly et Brice Siesson

Yéhi, mort le 22 février 2018, dans des circonstances non élucidées, sera conduit à sa dernière demeure, alors que le député Evariste Tie Méambly, chez qui le drame aurait commencé à se produire, a viré au et que l’enquête est au point mort.

Selon le programme établi par la famille dont a eu copie, Brice Siesson sera porté en terre le samedi 16 mars 2019 au cimetière communal de Yopougon. La mort de Siesson suscite beaucoup d’intérêts dans l’opinion, d’autant que la famille pointe du doigt le député Evariste Méamblt, dont le jeune homme était proche et qui a récemment viré au RHDP, la coalition au pouvoir.

Ce ralliement est intervenu au moment où sur pression des avocats, une reconstitution des faits, devrait être faite au domicile abidjanais du député. Depuis lors, les enquêtes qui devraient permettre de faire la lumière sur ce crime sont au point mort jusqu’à ce jour.

Selon le programme des obsèques, la présentation des condoléances se fait jusqu’au jeudi 14 mars du lundi au vendredi de 16 heures à 21 heures et les samedi et dimanche de 10 heures à 21 heures au domicile de la mère du défunt à Yopougon Ananeraie cité Saco II, sur la route de Dabou. La veillée religieuse et traditionnelle quant à elle, se tiendra le vendredi 15 mars 2019 à l’espace CPI de Yopougon Sicogi.

La levée de corps est prévue pour le vendredi 15 mars 2019 à 9 heures 00 à la morgue du CHU de Yopougon, suivie de la messe de requiem à la Paroisse Sainte Elisabeth de Yopougon Ananeraie. L’inhumation aura lieu le même jour à 11 heures 30 au cimetière communal de Yopougon. Le 22 février 2018, Brice Siesson avait été tué dans des conditions jusque-là non élucidées. L’opinion pointe un doigt accusateur sur l’un des gardes du corps du parlementaire, qui aurait ouvert le feu sur la victime.

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Blessé le 22 février 2018 par balles, Brice Siesson rendra l’âme dans une clinique de la place le 26 du même mois. Deux militaires avaient été arrêtés et inculpés pour son assassinat, tous les deux proches du député Évariste Méambly. Selon le député qui a toujours clamé son innocence, le jeune homme aurait reçu une balle par inadvertance, dans une des 25 voitures de son cortège, de la part d’un élément de sa garde rapprochée : « le tireur nettoyait son arme dans la voiture lorsque le coup est parti ».

« Alors que la délégation envoyée par Evariste Tié Méambly pour annoncer le décès, Mesmin Sodié (NDLR oncle de la victime) a dit devant plusieurs témoins que l’accident s’est produit dans la cour de la résidence du député », fait remarquer la famille.

Selon les parents, la mort de leur fils est préméditée et en bande organisée. Ils pointent un doigt accusateur sur « le député Evariste Tié Méambly et la polyclinique Farah qui fait croire qu’elle a traité le patient ». Et de conclure « même si l’on peut considérer pour le moment que le député n’est peut-être pas l’auteur direct du tir, il est au moins complice du meurtre de notre fils et reste le premier responsable de cette situation dramatique.

Après avoir déposé une plainte régulière contre Méambly et les responsables de la Polyclinique Farah, pour assassinat et complicité d’assassinat, Cécile Siesson et Léon Yéhi, parents de Brice, avaient déposé une requête sur la table de Guillaume Soro, le 18 avril 2018. Objet de la requête : demande de levée de l’immunité parlementaire de Méambly. Si la justice semble freiner des quatre fers, pour faire avancer le dossier (le rapport d’autopsie est tenu hors de portée de la famille, pourtant destinataire, des témoins non interrogés, une reconstitution des faits non privilégiée, etc.), le parlement ivoirien, semble lui aussi peu soucieux de la manifestation de la vérité, alors qu’il a été actif sur d’autres dossiers.

Plus d’un an après le tragique événement, l’enquête semble au point mort surtout depuis l’adhésion de Méambly au RHDP. « Nous souhaitons à travers la présente déclaration vous exprimer l’adhésion de notre parti politique Agir pour le peuple (APP) aux idéaux et valeurs portés par le RHDP, dont l’un des objectifs est de promouvoir une Côte d’Ivoire réconciliée », déclarait Méambly le 7 Décembre 2018 au cabinet privé d’Ibrahim Cissé Bacongo sis à Koumassi.

Depuis lors, les proches de la victime s’interrogent. Pourquoi cette omerta autour de l’affaire ? Pourquoi certaines informations leur sont cachées ? Que gagne la justice à ne pas user de transparence ? Pourquoi la police ne va pas au bout de ses enquêtes ? Pourquoi est-il si facile pour la justice de juger un député pour diffamation et refuse d’avancer sur un dossier relatif à la mort d’un innocent ?

Karina Fofana