Alassane Ouattara proroge la CMU zéro cotisation jusqu'au 31 décembre 2025 en Côte d'Ivoire, visant 24 millions d'enrôlés dans l'assurance santé.
La CMU zéro cotisation continue en Côte d'Ivoire. Le président Alassane Ouattara a décidé de prolonger cette mesure exceptionnelle de quatre mois supplémentaires, jusqu'au 31 décembre 2025. Cette extension fait suite au succès rencontré depuis le lancement de l'initiative le 1er mai dernier, annoncée par le Premier ministre Robert Beugré Mambé.
L'impact de cette politique sociale se mesure déjà en chiffres. L'enrôlement a bondi de 40% entre avril et mai 2025, passant de 476 000 à 664 000 personnes. Plus spectaculaire encore, la prise en charge mensuelle des assurés du secteur informel a été « multipliée par 11 », selon les données gouvernementales.
Des résultats qui justifient la prolongation
Le dispositif mobilise désormais « plus de 4 000 agents équipés de terminaux biométriques » sur l'ensemble du territoire. L'infrastructure comprend « 34 centres In-Situ fixes et 12 camions mobiles » pour un enrôlement de proximité avec production instantanée des cartes d'assuré.
Ces moyens permettent d'atteindre les zones rurales les plus reculées. « Quand la caravane est arrivée, j'ai été enrôlée et j'ai reçu immédiatement ma carte CMU sur place », témoigne Aminata Coulibaly, vendeuse de beignets à Niakara. À Bouaké, l'artisan menuisier Kouadio Yao se réjouit : « Beaucoup d'artisans, de coiffeurs et de commerçants comme moi n'avaient pas les moyens de payer la cotisation. »
Un objectif de 24 millions d'enrôlés
L'administration mise sur cette extension pour franchir un cap symbolique. Avec « près de 20,9 millions de personnes enrôlées » actuellement, l'objectif gouvernemental vise « 24 millions d'enrôlés avant fin décembre 2025 ». Cette ambition s'appuie sur la gratuité totale maintenue dans les centres de santé ruraux.
Les centres urbains conservent le ticket modérateur à 30% pour les enrôlés CMU, tandis que les consultations, actes infirmiers et médicaments ambulatoires restent gratuits à 100% en zone rurale. Ce différentiel tarifaire vise à réduire les inégalités d'accès aux soins entre villes et campagnes, tout en préservant l'équilibre financier du système.
A LIRE AUSSI
- Le décret de Ouattara qui met fin aux pouvoirs des COGES
- La Chine renforce la supervision de l'assurance crédit et de l'assurance de garantie –
- Lycée moderne de Sakassou : plus de 5 millions de FCFA de frais COGES cotisés
- Togo : adoption de la loi pour l'assurance maladie universelle
- Sécurité sociale : le gouvernement ivoirien met en place l'assurance chômage