Le gouvernement malien a clôturé jeudi 6 août à Bamako plusieurs semaines de rencontres consacrées au bilan de cinq années de transition. Les autorités mettent en avant les réformes institutionnelles, le renforcement de l'armée et les recettes minières, tout en reconnaissant des difficultés persistantes liées à l'emploi, au pouvoir d'achat, à l'énergie et à l'insécurité.
Dans son discours de clôture, le Premier ministre Abdoulaye Maïga a présenté cette période comme une phase de restauration de l'autorité de l'État et de reconquête de la souveraineté nationale. L'étape suivante devra, selon lui, s'orienter vers l'industrialisation et la transformation locale des matières premières.

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La démarche gouvernementale a conduit plusieurs ministres à présenter leurs bilans sectoriels devant des représentants de l'administration, des collectivités territoriales, des organisations professionnelles et de la société civile. Ces échanges ont permis de recueillir les préoccupations des populations en matière de sécurité, d'accès à l'électricité et à l'eau, de coût de la vie et d'emploi des jeunes.
Le secteur minier présenté comme principal acquis économique
Le gouvernement considère la réforme du secteur minier comme l'un des principaux acquis de la période. Il affirme avoir recouvré plus de 760 milliards de francs CFA auprès des compagnies minières, via des audits, des redressements fiscaux et la renégociation de plusieurs conventions. Le Fonds minier de développement local aurait redistribué 18,4 milliards de francs CFA à 819 communes en 2026, destinés au financement d'infrastructures dans l'eau, la santé et l'éducation. Ces chiffres, déjà communiqués en juillet par le ministère des Mines, ne permettent pas encore de connaître le détail des paiements par entreprise ni le niveau d'exécution des projets communaux.
Sur le plan macroéconomique, les perspectives restent relativement favorables mais exposées à plusieurs risques. La Banque mondiale table sur une croissance d'environ 5 % en 2026 pour le Mali, portée par les secteurs minier, agricole et des services, tout en soulignant les effets potentiels de l'insécurité et des chocs climatiques.

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Les difficultés quotidiennes demeurent importantes pour une partie de la population. Coupures d'électricité, tensions sur le carburant, faiblesse des revenus et disparités dans l'accès aux services publics figurent parmi les préoccupations exprimées lors des consultations. La situation humanitaire reste préoccupante : les Nations unies estiment à 5,1 millions le nombre de personnes ayant besoin d'une assistance au Mali en 2026, dont 3,8 millions ciblées par un plan humanitaire évalué à 577,9 millions de dollars. Plus de 415 000 personnes déplacées internes étaient recensées au début de l'année.
La réussite de cette nouvelle orientation dépendra désormais de la capacité du gouvernement à traduire ses annonces en résultats concrets dans l'emploi, l'énergie, la sécurité et l'amélioration des conditions de vie.

