Orpaillage clandestin : Abengourou vise aussi les chefs coutumiers
Le préfet de l'Indénié-Djuablin a annoncé vendredi 17 juillet 2026 une politique de tolérance zéro visant aussi les complices de l'orpaillage clandestin.
Le préfet de la région de l'Indénié-Djuablin et du département d'Abengourou, Kouadio Kouassi Eugène, a annoncé vendredi 17 juillet 2026 un durcissement de la lutte contre l'orpaillage clandestin, l'exploitation illégale de gisements d'or hors des cadres autorisés par l'État. Réunie à la préfecture de région d'Abengourou, l'autorité administrative a présenté une politique de « tolérance zéro » qui vise désormais les complices de cette activité, en plus des exploitants eux-mêmes.
La rencontre de sensibilisation s'adressait aux populations des sous-préfectures de Zaranou, Ebilassokro et Aniassué, où se trouvent les villages de Bébou et d'Ehuasso, identifiés comme des foyers majeurs du phénomène dans le département. Selon le préfet, les propriétaires terriens, les chefs coutumiers et les agents de l'administration reconnus complices s'exposent désormais aux mêmes poursuites que les orpailleurs, devant le Pôle pénal économique et financier, désormais compétent sur ces infractions.
Kouadio Kouassi Eugène a rappelé l'interdiction formelle de toute exploitation aurifère sur les cours d'eau, en raison de ses conséquences sur l'environnement et les ressources hydriques. Il a fixé au 31 décembre 2026 l'objectif d'éradiquer l'orpaillage clandestin dans l'Indénié-Djuablin et a invité les populations à dénoncer les auteurs de ces activités, en assurant la confidentialité des informations recueillies, qui pourront être complétées par des repérages par drone avant les interventions.
Arrestations déjà menées
Des arrestations ont déjà eu lieu à Yakassé-Feyassé et à Zébénou, et d'autres opérations sont prévues à Taakro, a précisé le préfet. Cette annonce prolonge un discours tenu par la même autorité le mardi 10 février 2026, lors de la cérémonie de vœux à la préfecture d'Abengourou, où il avait déjà prôné la tolérance zéro et la fin de l'impunité pour les chefs de communautés impliqués.
Le phénomène dépasse le seul département d'Abengourou : des mises en garde similaires ont été formulées début juillet 2026 par le sous-préfet de Guintéguéla, dans la région du Worodougou, et par le préfet du Sud-Comoé lors d'une mission à Kouakro. Au niveau national, l'État ivoirien estimait en novembre 2025 son manque à gagner annuel à environ 744 milliards de francs CFA, du fait de l'extraction illégale d'environ 142 tonnes d'or, un chiffre que d'autres estimations situent plus haut selon les méthodes de calcul retenues.