L'activité d'orpaillage clandestin concerne désormais 24 des 31 régions du territoire national ivoirien. Steve Beko, cadre du Parti des peuples africains - Côte d'Ivoire (PPA-CI, formation d'opposition), a présenté ce bilan d'exploitation minière illicite mercredi 5 août 2026 au cours d'une intervention publique transmise aux médias à Abidjan.
Selon le représentant du PPA-CI, la prolifération des sites miniers non autorisés s'accompagne d'effets néfastes sur l'environnement local. Les déversements de substances chimiques toxiques utilisées lors du traitement du minerai, principalement le mercure, entraînent la contamination des bassins hydrologiques, la déforestation massive ainsi que la dégradation irréversible des terres arables réservées aux cultures agricoles.
Dans sa déclaration, l'acteur politique a rappelé les engagements juridiques internationaux pris par les autorités ivoiriennes. La Côte d'Ivoire a signé la Convention de Minamata relative aux risques du mercure en 2013, avant de ratifier ce texte multilatéral en 2019. L'accord imposait aux États signataires la mise en œuvre de mesures visant la réduction progressive puis l'élimination totale de ce produit chimique dans l'exploitation minière artisanale et à petite échelle de l'or (EMAPE).

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Le ministère de l'Environnement et du Développement durable avait déjà mesuré l'impact de ce secteur dans l'Évaluation initiale de Minamata (EIM) publiée en 2018. Ce rapport d'évaluation environnementale chiffrait à environ 17,12 tonnes par an la quantité globale d'émissions de mercure libérées dans l'atmosphère par les installations minières artisanales sur l'ensemble du sol ivoirien.
Une crise environnementale et sanitaire au niveau national
Steve Beko pointe directement la responsabilité administrative et politique des dirigeants en exercice face à la propagation des chantiers d'extraction illégale. Il estime que les données techniques et les rapports d'alerte émis depuis plusieurs années par les élus locaux, la communauté scientifique et les populations riveraines laissaient au gouvernement le temps nécessaire pour engager une riposte institutionnelle adaptée.
Pour le PPA-CI, l'ampleur prise par l'orpaillage illicite sur les terres agricoles et dans les réserves forestières constitue une menace directe contre le modèle économique du pays et la santé publique. L'opposition demande l'application stricte des conventions environnementales conclues par l'État pour préserver les ressources naturelles restantes.
