La mairie de Tiassalé a publié, ce lundi 14 septembre 2026, un compte rendu détaillé sur les circonstances ayant conduit à la suspension de son système de vidéoprotection, installé initialement à la demande des populations.
Le projet remonte à 2019. Dans le cadre du budget participatif, les représentants des quartiers, villages et campements de la commune avaient sollicité l'installation de caméras face à la recrudescence des agressions à domicile, des attaques de rue et des vols de motos. Après approbation du Conseil municipal, le projet a été inscrit au budget communal. La Commission d'examen et d'approbation des budgets et des programmes triennaux de la Direction générale de la Décentralisation et du Développement local (DGDDL) a reconnu la compétence de la commune à porter un tel dispositif, conformément à la loi de 2003 sur le transfert de compétences de l'État aux collectivités territoriales. La dépense a ensuite été autorisée par arrêté du ministre de l'Intérieur et de la Sécurité, avant l'installation des premières caméras en 2022, puis leur extension en 2024 à plusieurs points de la ville.

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Une controverse a éclaté le 1er décembre 2024, lors d'un meeting du Rassemblement des houphouëtistes démocratiques pour la paix (RHDP) à Tiassalé, où l'un des orateurs a accusé le maire Assalé Tiémoko d'utiliser les caméras à des fins d'espionnage politique. Quelques jours plus tard, l'Autorité de régulation des télécommunications de Côte d'Ivoire (ARTCI) a ordonné, par voie de commissaire de justice et sans audition préalable de la commune, le démantèlement du dispositif, au motif d'un manquement réglementaire.
Un décret présidentiel exigé
Selon la mairie, l'ARTCI a justifié sa décision par une pétition d'habitants estimant ne pas avoir été suffisamment informés, sans toutefois transmettre la liste des signataires malgré la demande du maire. L'Autorité a par ailleurs estimé qu'un décret du chef de l'État aurait dû précéder l'installation, en plus de l'arrêté ministériel déjà obtenu. Le maire a proposé une suspension temporaire du système dans l'attente d'une clarification du ministère de l'Intérieur, proposition acceptée par l'ARTCI. Plus d'un an après, aucune réponse officielle n'a été apportée.

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La mairie fait état, depuis cette suspension, d'une recrudescence des vols et actes de vandalisme : environ 70 % des lampadaires solaires de la commune, soit près de 300 équipements, ainsi que 60 % des lampadaires LED raccordés au réseau électrique ont été dérobés. Des vols ont également touché la bibliothèque municipale, le Centre sportif intégré et les abords du tribunal et de l'hôpital général de la ville.
La mairie appelle le gouvernement à clarifier le cadre juridique applicable à la vidéoprotection municipale, à l'image du dispositif français placé sous le contrôle des préfets.

