L'Autorité Nationale de la Presse (ANP) a tranché, dans une correspondance datée du 31 juillet 2026, le différend opposant le journal L'Éléphant Déchaîné à Cissé Ibrahima Bacongo, gouverneur du District autonome d'Abidjan. Adressée à Stéphane Bahi, directeur de publication du journal, la décision est signée du président de l'ANP, Bakary Sanogo.
Le litige porte sur une édition hors-série de L'Éléphant Déchaîné publiée en juillet 2026, consacrée au déguerpissement de Koumassi Campement. Le gouverneur avait exercé son droit de rectification, transmis au journal le 13 juillet 2026 par l'intermédiaire d'un commissaire de justice, assorti d'une mise en demeure exigeant la production des preuves ayant servi à la rédaction de l'article, sous 48 heures. La rédaction avait rejeté cette exigence, estimant qu'un droit de réponse ne pouvait être utilisé pour contraindre un organe de presse à divulguer ses sources, avant de saisir l'ANP le 14 juillet 2026.

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Après examen, l'ANP a relevé que le droit de rectification comportait des développements étrangers au contenu de l'article contesté, notamment les passages relatifs à la mise en demeure de communiquer des preuves, tant au District autonome d'Abidjan qu'au procureur de la République du Tribunal de première instance d'Abidjan.
Une décision fondée sur la loi de 2017
En application de l'article 71 de la loi n°2017-867 du 27 décembre 2017 portant régime juridique de la presse, modifiée par la loi n°2022-978 du 20 décembre 2022, l'ANP a invité le gouverneur à recadrer son droit de rectification en supprimant les développements étrangers au contenu de l'article litigieux. Le texte recadré doit ensuite être transmis à la rédaction pour publication, avec copie à l'ANP.
Cette décision intervient alors qu'Assalé Tiémoko, directeur général du journal, et Stéphane Bahi sont convoqués lundi 3 août 2026 à la Préfecture de police d'Abidjan, dans le cadre de la même affaire.
