Petit Bouba : Un an après, Etienne Sagno, le meurtrier présumé, toujours pas jugé

Le petit Bouba a été atrocement mutilé et tué par Etienne Sagno

24 février 2018-24 février 2019, voici un an que l’enfant Traoré connu sous le sobriquet de  »petit  » a brutalement été arraché à l’affection de ses parents. Egorgé et vidé de son sang par Etienne Sagno, le bijoutier du quartier. Un an après, le meurtrier écroué à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA) est toujours sans jugement.

Le meurtre du petit Bouba avait ému plus d’un. Tant sur la toile que dans les ménages, on ne parlait plus que de ce crime crapuleux orchestré par , bijoutier de 27 ans originaire de la Guinée. En effet, disparu dans l’après-midi du samedi 24 février 2018, tout le monde est à la recherche du petit Bouba. Parents, amis et connaissances se mettent à la recherche de l’enfant tant il était ‘’une petite star’’ dans son quartier de dans la commune d’.

Mais selon plusieurs témoins, c’est bien en compagnie de Papys (Etienne Sagnon), le bijoutier du quartier que Bouba a été aperçu pour la dernière fois. Pourtant, ce même Papys est lui aussi à la recherche de l’enfant avec les autres sans mentionner qu’il avait été avec lui quelques heures plutôt. Après des fouilles dans le quartier sans succès, la disparition est déclarée à la police. Elle interroge Papys le bijoutier selon les témoignages des voisins qui sont unanimes : « Bouba était effectivement avec le bijoutier avant de disparaître ».

A lire aussi : Fillette violée à Yopougon Azito : Le principal suspect libéré, l’enquête classée sans suite ?

Cuisiner par les hommes en tenues, Etienne Sagnon alias Papys passe aux aveux. Il conduit les policiers derrière le Centre hospitalier et universitaire (CHU) d’Angré dans la commune de Cocody où il avait enterré l’enfant après l’avoir égorgé et vidé de son sang. Il montre l’endroit et les policiers trouvent effectivement l’enfant à cet endroit bien éloigné de la ville. Etienne Sagnon est interrogé sur place. Il explique : « (…) Ce sont les marabouts qui m’ont dit de le faire. C’est particulièrement un du nom de Mohamed qui habite dans le même quartier que nous aux environs de la cité policière qui m’a demandé de le faire. En effet, après avoir immolé un mouton chez moi il m’a demandé de suivre strictement la procédure sinon je serai paralysé si je touche à l’argent qui devait venir. Je ne sais pas d’où l’argent devait venir mais je devais suivre les instructions du marabout. L’enfant est venu chez moi au magasin hier (23 février 2018). Prétextant une course, je lui ai demandé de m’accompagner. Nous avons emprunté un taxi, après nous sommes descendus et nous avons marché pour arriver ici. Je l’ai pris par le cou, c’est quand il est mort que je l’ai égorgé parce que j’avais déjà le couteau sur moi ensuite je l’ai enterré. Il n’a pas pleuré parce qu’il avait perdu connaissance ».

Ce sont ces aveux qui ont servi à arrêté directement Étienne Sagnon. Il a été conduit à la MACA. Le petit Bouba sera ensuite inhumé le 1 mars 2018. Des milliers d’Ivoiriens, artistes, hommes politiques, anonymes s’étaient levés comme un seul homme pour rendre hommage à cet ‘’petit ange’’ comme de nombreuses personnes l’appellent jusqu’à ce jour. Alors, si de son vivant, le petit Bouba était une petite star seulement dans son quartier.

Aujourd’hui, son nom et son visage d’ange a dépassé les frontières de la Côte d’Ivoire. Commençant sur les réseaux sociaux avec des poèmes pour lui, en passant par ses photos que les internautes mettent profils ou en statuts, ce sont des gerbes de fleurs, des caricatures qui sont déposées derrière le CHU d’Angré là où le crime avait été perpétré. Assurément, Aboubacar Sidiki Traoré dit Petit Bouba a marqué ses quatre petites années sur terre.

Roxane Ouattara