Voici comment Ouattara profite de la crise au FPI

La crise au FPI a pris une nouvelle dimension, une guerre pour le leadership qui oppose les pro- aux pro-. Décryptage par le politologue Sylvain N’Guessan. Acte 3.

III-Après le 22 mars….

La guerre est dorénavant ouverte entre les deux camps. Le président multiplie les sorties. Ses sofas sont plus que jamais déchainés. De son côté, le président continue de recevoir des visites selon son agenda secret. Des personnes qui l’ont traité de tous les noms d’oiseaux depuis la ‘’République du Golf’’ seraient déjà programmées. Quelles sont les perspectives qui s’offrent au à partir des signaux forts actuels ? Trois pistes semblent se dessiner en filigrane.

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1-Le président Gbagbo reçoit son premier ministre Affi avant octobre 2019 (à Abidjan ou à Bruxelles) ; soit un an avant la future élection présidentielle. La paix revient au sein de la Refondation qui se met en ordre de bataille derrière les candidats choisis. Bien évidemment, tous les militants se mettent en rang derrière la nouvelle direction de la maison rose bleu. C’est un parti soudé, fort qui pèsera lors de la présidentielle à venir.

2-Le président Gbagbo refuse de recevoir son premier ministre Affi. Le divorce est consommé. Le natif de Boidikro conserve précieusement le logo et se présente comme le candidat naturel du FPI. En face, les candidats sont désignés sous la bannière Ensemble pour la Souveraineté et la Démocratie (ESD). Les militants se rangent dans les deux différents compartiments devenus rigides sans aucune probable possibilité de les réunir. Divisés, ils pèseront peu lors de la présidentielle 2020.

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3-Non seulement les deux tendances actuelles ne parviennent pas à se retrouver mais un autre groupe dissident s’aligne derrière un autre candidat issu du premier cercle du FPI en indépendant. C’est le pis des schémas qui puisse arriver à ce parti. Divisé en trois blocs, ce parti ne pourrait pas arriver au second tour. Les candidats qui arriveront au second tour négocieront séparément avec les trois leaders des trois tendances.

Depuis le 22 mars, le FPI se livre en spectacle. Chaque jour a son lot de ‘’révélations’’ sur les réseaux sociaux. Vrai ou faux, des secrets se retrouvent sur la place publique. Le sens de l’Etat semble avoir disparu des rangs de la Refondation. Les uns et les autres semblent si préoccupés par ce nouveau jeu que, chaque jour, c’est un boulevard qui se dresse devant le RHDP qui a même le temps d’imposer les sujets de conversation au plan national…

Le parti présidentiel tire profit de cette crise dans la mesure où, préoccupés à s’entredéchirer, les Refondateurs ne font aucune proposition alternative en termes de gouvernance aux électeurs. C’est plutôt à qui pourrait mieux insulter les cadres de l’autre camp. Pendant ce temps, la Côte d’Ivoire attend toujours un vrai contre-pouvoir à l’Exécutif actuel…

Sylvain N’GUESSAN, Institut de Stratégies

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