L'ancien préfet d'Abidjan, Vincent Toh Bi Irié, a alerté lundi 17 août 2026 sur le retour des « gnambros », des groupes organisés qui rançonnent les transporteurs et les usagers des gares routières de la capitale économique ivoirienne. Il affirme que ce phénomène, combattu durant son mandat, aurait repris de l'ampleur dans les gares et à l'entrée des villes.

Selon lui, ces groupes prélevaient un « droit de sol », une taxe informelle de 200 francs CFA par bagage, réclamée aux voyageurs avant que leurs affaires ne touchent le sol au moment du déchargement des véhicules. Cette somme n'était reversée ni à l'État ivoirien ni aux propriétaires coutumiers des terrains, mais captée directement par les gnambros.

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Vincent Toh Bi Irié évoque plusieurs faits survenus en 2019 durant son mandat, dont l'exécution d'un rival dans une rue de Koumassi et la mort d'un jeune gendarme à Yopougon, tous deux attribués à ces groupes. Ces événements avaient conduit au déclenchement d'opérations de sécurisation des gares routières, menées par la Gendarmerie nationale puis la Police nationale.

Ces opérations avaient permis l'arrestation de centaines de membres présumés de ces groupes et le démantèlement de plusieurs structures actives à Koumassi, à Yopougon et dans d'autres communes d'Abidjan. Selon l'ancien préfet, ces activités criminelles généraient alors des centaines de millions de francs CFA par mois.

Un phénomène qui aurait repris de l'ampleur

Vincent Toh Bi Irié indique que les syndicats de transporteurs, victimes de ce racket depuis plusieurs décennies selon lui, s'étaient félicités des opérations menées à l'époque. Il affirme aujourd'hui constater un retour visible des gnambros dans les gares routières et aux entrées des villes de la capitale économique.

L'ancien préfet interpelle les autorités administratives et sécuritaires sur la nécessité de traiter durablement ce type de phénomène social, qu'il juge susceptible d'affecter le fonctionnement des institutions de l'État sur le long terme.