Coronavirus en Côte d’Ivoire : « le pire est devant nous »

Devant l’inévitable propagation du Coronavirus en Côte d’Ivoire, Assalé Tiémoko estime que le vrai danger face cette pandémie, c’est le peuple lui-même.

Dans le contexte actuel, nos meilleures chances de survie sont l’union et la discipline.

Nous avons tous déploré la légèreté avec laquelle les autorités ont géré l’affaire du confinement raté de l’INJS, non sans déplorer également l’indiscipline et l’inconscience de ces Ivoiriens qui, une fois sortis de l’INJS, après avoir hurlé sur tous les toits, y compris en mentant comme des arracheurs de dents, prestement, ont circulé dans le tout Abidjan, en nous mettant tous en danger.

80 cas confirmés plus tard et certainement beaucoup plus en réalité, nous continuons de jouer avec nos vies et la vie des autres.

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Depuis le lundi dernier [23 mars 2020, NDLR], l’Etat d’urgence a été déclaré sur toute l’étendue du territoire, alors que nous ne sommes pas en guerre, ni contre un ennemi extérieur, ni contre un ennemi intérieur. Mais nous sommes en guerre contre un micro organisme, invisible à l’œil nu et qui, à travers le monde, fauche des dizaines de milliers de personnes en terrorisant au passage des milliards d’autres, confinés chez eux.

L’Etat d’urgence, en français facile, signifie que les pouvoirs de l’exécutif sont augmentés et sortent du droit commun, de même que les pouvoirs des forces de l’ordre, démultipliés.

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Sous l’état d’urgence, les forces de l’ordre sont autorisées à user de la force, y compris avec les armes à feu, pour traiter toute personne surprise dehors pendant le couvre-feu, parce que cette personne est un ennemi de la nation, au regard de l’état d’urgence.

Or, aujourd’hui, l’ennemi de la nation est un virus qui ne circule pas seul, mais circule uniquement sur l’homme, lequel devient ainsi l’ennemi de son voisin et par conséquent l’ennemi de la nation.

L’Etat d’urgence signifie aussi que certaines libertés, dans une période précise, sont restreintes, voire totalement suspendues. Il s’agit notamment de la liberté de circuler, de la liberté de la presse et son corollaire, la liberté d’expression.
Dans un contexte d’état d’urgence, l’information diffusée par les médias peut être contrôlée et des médias peuvent être suspendus sans aucune procédure.

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Depuis le mardi [24 mars 2020, NDLR], un couvre-feu total est instauré dans le pays, sous le régime de l’état d’urgence. Dans l’application de ce couvre-feu, les forces de l’ordre ont procédé à la bastonnade de certaines personnes prises hors de leur domicile. La bastonnade remplace ainsi l’usage des armes à feu qu’elles sont autorisées à utiliser.

Ces bastonnades, depuis, suscitent des réactions indignées notamment sur la toile, de la part de certains citoyens qui dénoncent des violations des droits de l’homme. Ils ont raison de s’indigner et de protester.

Nos forces de l’ordre doivent être aussi disciplinées dans l’application du couvre-feu. Elles ne doivent conduire personne dans les commissariats comme dans le cadre de la lutte contre un ennemi-humain détenant une arme à feu.

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L’ennemi de la nation, ici, se trouve sur chaque personne prise dans la nuit. Et il est totalement exclu d’envoyer qui que ce soit, en prison pour aggraver la situation.
Les forces de l’ordre doivent faire passer, à chaque personne prise et qui ne peut justifier la raison impérieuse de sa présence dehors, l’envie de continuer à mettre la vie de tous, en danger.

La ville d’Abidjan, soit près de 5 millions de personnes, à compter de ce jour à minuit, sera coupée du reste du pays et ces millions de personnes ne pourront plus sortir. Pendant combien de temps ? Nul ne le sait.

C’est une décision suffisamment grave pour que chacun de nous réalise que l’amusement et les grands discours sont terminés. L’heure est à la responsabilité.
C’est la vie de 24 millions de personnes qui se joue en ce moment pour à peine 30 appareils de respiration artificielles.

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Le pire est devant nous et aucune liberté n’est au-dessus de la vie d’un peuple.
Restez chez vous. Restons chez nous. C’est notre seule chance de survie.

C’est en prenant tout sur l’angle de l’émotion que nos autorités ont lâché dans la nature les inconscients qui ont propagé le virus dans le pays.
Ça suffit !!!

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