Mamadou Diakité (DR Culture Sikasso) : « Nous devrions nous débarrasser de nos vêtements d’emprunt »

Festival Senang
Festival Senang

À l’occasion de la finale de la quatrième édition du ‘’’’ tenue à le samedi 6 octobre 2018, Mamadou Diakité, représentant le Directeur régional de la culture de au Mali a fait remarquer que la Côte d’Ivoire et le Mali sont liés sur le cordon ombilical de l’histoire, de la géographie et de la culture.

Pour lui, nous devrons nous débarrasser de nos vêtements d’emprunt et affirmer avec fierté notre indépendance. « Avant tout propos, je voudrais m’acquitter d’un devoir sacré ; celui de demander aux patriarches et aux autorités la permission de prendre la parole. La parole est sacrée. Je crains sa force vengeresse. Il m’échoit de prendre la parole sous ce propice de vaste grenier culturel à Korhogo, le berceau de la culture des communautés au nom significatif qui signifie littéralement héritage pour m’adresser à mes congénères, à mes frères et parents utérins d’Afrique.

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La Côte d’Ivoire et le Mali sont deux poumons d’un même corps. Ils sont liés sur le cordon ombilical de l’histoire, de la géographie et de la culture. Ainsi, voudrais-je me rappeler les liens historiques séculaires qui ont existé entre , et Gbon Péléforo Coulibaly de Korhogo. Ces grands bâtisseurs ont écrit avec leur sang une des plus belles pages de notre passé glorieux. Notre heure vient de sonner où l’heure du développement a sonné avec le Festival Senang.

La culture une richesse pour l’homme

Vous conviez avec moi qu’aucun avenir, qu’aucun futur n’est possible sans la prise en compte de la culture. ’’La culture, c’est la seule richesse qui reste à l’homme lorsqu’il a tout perdu’’. En tout état de cause, nous devrons nous débarrasser de nos vêtements d’emprunt et affirmer avec fierté notre indépendance. C’est dans cette dynamique que s’inscrit cette célèbre réflexion d’un monument de la politique africaine ; assertion devenue aujourd’hui célèbre, je cite :

« acceptons de vivre africains. C’est la seule façon de vivre libres et dignes ». De ce fait je voudrais ici et maintenant adresser une mention singulière, très spéciale à mon frère émérite Alexis Sékongo commissaire général du Festival Senang pour ses efforts louables en faveur de la rédemption de l’âme Sénoufo à travers cette tribune d’expression de l’aire culturelle Sénoufo.

« Le Festival du Senang est non seulement une riposte sans merci contre les allégations mensongères écrites par les colons mais aussi une révolte contre la balkanisation »

C’est un vrai panafricaniste au sens noble du terme. Acceptez que vous soyez sacrifié comme Jésus. Tel est le destin des grands hommes. Le Festival du Senang est non seulement une riposte sans merci contre les allégations mensongères écrites par les colons mais aussi une révolte contre la balkanisation, le morcellement de l’Afrique, l’érection des frontières artificielles et virtuelles.

J’ose espérer de toute mon âme qu’un jour que ce rêve devienne réalité et aboutisse à la matérialisation du territoire Sénoufo qui part du Mali en passant par la république sœur de Côte d’Ivoire et du avant de s’étendre sur le , le et le . Je me réjouis donc de l’organisation de cette quatrième édition du Festival Senang qui vise à redéfinir le territoire Sénoufo, à rapprocher les cultures, à favoriser l’intégration et le brassage de nos peuples.

« es idées de vieillards sont des idées de cimetière. Pour qu’elles vivent il faut les semer dans la tête des jeunes »

Je reste convaincu que les organisateurs de ce festival avec l’accompagnement des autorités administratives et politiques ne ménagent aucun effort pour la pérenniser. Une sagesse de chez moi dit que si le baobab existe encore de nos jours, c’est qu’il n’a pas cherché à résister à la tempête. Je voudrais que le Festival Senang s’inspire de ce réflexe du baobab pour résister à l’usure du temps.

Toute entreprise de promotion du patrimoine culturel immatériel passe par les communautés locales et en priorité par les jeunes. Les propos du sage Amadou Hampâté Ba paraissent suffisamment éloquents à ce regard : « les idées de vieillards sont des idées de cimetière. Pour qu’elles vivent il faut les semer dans la tête des jeunes. Les jeunes qu’ils aient raison ou tort, auront toujours raison parce qu’ils sont les maitres de demain. Les vieillards regardent l’avenir, mais l’avenir regarde les jeunes ».