Maurice : limogeage du vice-Premier ministre sur fond d’allégations de corruption – Actualités 26/06/2020
PORT-LOUIS, 25 juin (Xinhua) — Le chef du gouvernement mauricien Pravind Jugnauth a annoncé jeudi le limogeage du vice-Premier ministre et ministre des Utilités publiques, Ivan Collendavaloo, sur fond d'allégations de corruption dans l'attribution d'un contrat de réaménagement d'une centrale thermique.
Il a précisé que le titre de vice-Premier ministre reviendrait désormais au ministre des Terres et du Logement, Steven Obeegadoo. Ce dernier s'occupera également du portefeuille du Tourisme qui était sous la responsabilité de Joe Lesjongard, lequel va reprendre le portefeuille des Utilités publiques.
M. Jugnauth a dit avoir reçu un résumé du rapport de la Banque africaine de développement (BAD), qui a enquêté sur ces allégations de corruption entourant le projet d'installation de quatre turbines et d'aménagement de la centrale thermique de Saint-Louis située à Port-Louis. Selon lui, plusieurs noms y sont cités, dont ceux de M. Collendavelloo et de Paul Bérenger, leader du Mouvement militant mauricien (MMM, opposition).
Il a ajouté que le rapport faisait état de deux cas d'irrégularités, une lors du premier appel d'offres en 2014 et l'autre lors du second en 2015, et que deux entités seraient aussi impliquées dans cette affaire, dont le Central Electricity Board, responsable de la production et la distribution de l'électricité à Maurice.
Le scandale a éclaté le 8 juin dernier quand la BAD a décidé de radier la société danoise Burmeister & Wain Scandinavian Contrator (BWSC) pour des actes de « corruption » caractérisés dans le contrat de la centrale thermique de Saint-Louis.
L'affaire remonte à 2014 quand le gouvernement dirigé par Navin Ramgoolam avait lancé un appel d'offres pour le réaménagement de cette centrale avec un financement de la BAD. BWSC fut la seule société à soumettre une offre, mais celle-ci fut rejetée faute de correspondre aux critères. Un nouvel appel d'offres fut lancé en juillet 2015 sous le nouveau gouvernement d'Aneerood Jugnauth. Cette fois, cinq offres furent déposées. Celle de BWSC, pour un coût de plus d'un million d'euros, fut retenue en novembre de la même année et le contrat alloué en mars 2016. Le projet fut livré en octobre 2017 et inauguré en mars 2018.
Selon le rapport de la BAD, « il y a des évidences accablantes que BWSC a récompensé des membres de l'administration mauricienne et d'autres personnes (…) pour avoir accès à des informations confidentielles concernant les spécifications de l'appel d'offres, ce qui leur a permis de soumettre une proposition en conformité avec ces technicalités et s'offrir un avantage certain sur les autres soumissionnaires ».
La radiation de BWSC lui interdit de participer à tout appel d'offres financé par la BAD pour une période de 21 mois.
Cette affaire ne remet toutefois pas en cause le soutien de la BAD à Maurice car elle vient de lui octroyer une aide de 200 millions d'euros pour faire face à la crise économique liée à la pandémie de nouveau coronavirus. Fin