Me Mathias Chichportich : « Les droits de Tidjane Thiam sont bafoués »
Tidjane Thiam, président du PDCI, exclu de la liste électorale, suscite des réactions fermes de son avocat. Appels à l'ONU pour restaurer ses droits civils.
Me Mathias Chichportich, avocat de Tidjane Thiam, n'hésite pas à qualifier la situation actuelle de « bafouement des droits ». Tidjane Thiam, ancien directeur général de Credit Suisse et président du PDCI, a été radié de la liste électorale en vue des élections d'octobre 2025, une décision vivement contestée. Chichportich soutient que cette radiation est non seulement infondée, mais qu'elle reflète des pratiques anti-démocratiques préoccupantes en Côte d'Ivoire.
Une exclusion contestée
La Commission électorale indépendante (CEI) a annoncé le 4 juin 2025 la liste électorale définitive, où Thiam est absent. « Nous avons constaté avec stupéfaction que notre président a été écarté sans justification convaincante », a déclaré Chichportich.
Selon lui, « ce processus ne répond pas aux exigences de transparence et d'équité ». La justice ivoirienne a ordonné sa radiation en affirmant qu'il avait perdu la nationalité ivoirienne, un argument que l'avocat défie en soulignant que Thiam a récemment renoncé à sa nationalité française, revenant ainsi à ses droits civiques ivoiriens.
Appel à l'ONU
Déterminé à faire valoir les droits de son client, Chichportich a appelé le Comité des droits de l'homme de l'ONU à « intervenir immédiatement afin de corriger cette injustice ». Au cours d'une visio-conférence, il a affirmé : « Il y a une urgence à restaurer les droits civils de Thiam, car cela touche également la volonté du peuple ivoirien de se choisir librement ses représentants. »
L'avocat déplore le manque de voies de recours en Côte d'Ivoire, ce qui l'a poussé à saisir une instance internationale. « Nous n'avons pas d'autres choix que de faire appel à l'ONU. Tout le monde doit respecter ses engagements internationaux », a-t-il ajouté avec véhémence.
Les implications politiques
Chichportich estime que cette exclusion de la liste électorale ne concerne pas seulement Thiam, mais tout le peuple ivoirien. « C'est un triste jour pour la démocratie en Côte d'Ivoire », a-t-il dit. « Cela impacte directement le droit des Ivoiriens à choisir leurs représentants en toute liberté. »
Il rappelle que six violations soulevées dans leur requête devant le Comité des droits de l'Homme de l'ONU illustrent le non-respect de l'État de Côte d'Ivoire de ses engagements internationaux, sans les limiter à l'élection elle-même. Bilan : la situation actuelle pourrait entraîner une perte de confiance des citoyens envers leurs institutions.
Le poids des engagements
Chichportich a insisté sur le fait que la Côte d'Ivoire, en tant qu'État signataire du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, a l'obligation de respecter les droits de ses citoyens. « Les engagements internationaux ne sont pas des options », a-t-il déclaré. Saouti Kounkoudji, un analyste politique, a également souligné que « la légitimité d'une élection repose sur l'inclusivité de son processus ».
À l'approche des élections présidentielles, la lutte pour la réintégration de Thiam pourrait bien devenir un symbole de la quête pour une démocratie véritable en Côte d'Ivoire. Les observateurs s'interrogent sur les conséquences d'une élection sans l'opposition majeure du PDCI.
En s'adressant au Comité des droits de l'Homme de l'ONU, Chichportich espère engendrer des actions concrètes pour restaurer la légitimité du processus électoral. « La voix du peuple ivoirien doit être entendue, et chaque citoyen a le droit de participer à la vie politique de son pays », a-t-il conclu.