AES, capitaine Ibrahim Traoré confirme la poursuite du dialogue avec la CEDEAO
Le président en exercice de l'AES a réaffirmé lundi 6 juillet 2026 la poursuite du dialogue avec la CEDEAO, deux ans après la création de la Confédération.
Le capitaine Ibrahim Traoré, président en exercice de la Confédération des États du Sahel (AES), a annoncé lundi 6 juillet 2026 que les consultations avec la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) se poursuivent. Cette déclaration intervient à l'occasion du deuxième anniversaire de l'organisation, créée le 6 juillet 2024 par le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
Selon le chef de l'État burkinabè, les échanges avec la CEDEAO visent à établir un nouveau cadre de relations fondé sur trois principes : le respect des décisions souveraines de chaque État, la préservation des acquis de l'intégration régionale et la défense des intérêts des populations ouest-africaines, en particulier la libre circulation des personnes et des biens.
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Cette prise de parole s'inscrit dans une séquence amorcée plusieurs mois plus tôt. En mai 2026, une réunion informelle tenue à Lomé, en marge de la stratégie Togo-Sahel 2026-2028 portée par le président du Conseil togolais Faure Essozimna Gnassingbé, avait réuni les ministres des Affaires étrangères des trois pays de l'AES, le président de la Commission de la CEDEAO Omar Alieu Touray, ainsi que le négociateur en chef de l'organisation Lansana Kouyaté.
Les discussions avaient alors porté sur les questions sécuritaires, les corridors logistiques et le maintien des acquis de l'intégration régionale. Le chef de la diplomatie burkinabè avait résumé cette approche en soulignant la volonté de préserver l'essentiel pour les populations d'Afrique de l'Ouest.
Un document-cadre élaboré à Ouagadougou
Les trois États sahéliens ont depuis poursuivi la préparation de leurs futures négociations. Réunis à Ouagadougou en juin 2026, leurs experts ont élaboré un document destiné à harmoniser les positions de la Confédération avant les pourparlers officiels avec la CEDEAO.
Le paysage diplomatique régional évolue en parallèle. À Dakar, le ministre sénégalais de l'Intégration africaine et des Affaires étrangères, Cheikh Niang, a indiqué que le Sénégal disposait de sérieuses chances d'assurer la présidence en exercice de la CEDEAO à l'expiration du mandat du président sierra-léonais Julius Maada Bio. Dakar doit déjà présider la Commission de la CEDEAO pour la période 2026-2030.
Des signaux d'ouverture ont également été enregistrés au Bénin. Lors de son investiture en mai 2026, le président Romuald Wadagni a plaidé pour une coopération régionale renforcée face à la menace terroriste. La participation de délégations malienne, burkinabè et nigérienne à la cérémonie a marqué un début de normalisation après plusieurs mois de tensions.
La Côte d'Ivoire, pays membre de la CEDEAO frontalier du Burkina Faso et du Mali, suit avec attention l'évolution de ces discussions, qui conditionnent la libre circulation des biens et des personnes ainsi que la coopération sécuritaire dans le nord du pays.