Le cyberactiviste Ibrahim Zigui obtient la liberté provisoire
La Cour d'Appel d'Abidjan a accordé, ce lundi 6 juillet 2026, la liberté provisoire au cyberactiviste Ibrahim Zigui, condamné en mai dernier à cinq ans de prison.
Le dénouement judiciaire est intervenu ce lundi 6 juillet 2026. Par la voix de son conseil, Maître Ange Rodrigue Dadje, la nouvelle a été confirmée : Ibrahim Zigui, figure influente des réseaux sociaux et proche du Parti des peuples africains – Côte d'Ivoire (PPA-CI), quitte la Maison d'Arrêt et de Correction d'Abidjan (MACA). Cette décision de la Cour d'Appel d'Abidjan intervient après plusieurs mois d'une détention largement médiatisée au sein de l'opinion publique ivoirienne.
L'activiste avait été condamné le 18 mai 2026 par le tribunal de première instance à une peine de cinq ans de prison ferme, assortie d'une amende de 20 millions FCFA. La justice lui reprochait des chefs d'accusation de provocation à l'insurrection et de trouble à l'ordre public. Ces poursuites faisaient suite à la diffusion, en août 2025, d'une vidéo appelant à une mobilisation populaire à la veille de la proclamation de la décision du Conseil constitutionnel sur les candidatures à l'élection présidentielle d'octobre 2025.
Un parcours judiciaire mouvementé
L'affaire Ibrahim Zigui a cristallisé les débats sur l'exercice de la liberté d'expression en ligne dans le pays. Interpellé le 1er septembre 2025, l'homme avait passé cinq mois en détention avant de formuler, en février 2026, des excuses publiques adressées au Conseil constitutionnel et à sa présidente, Chantal Nanaba Camara, qualifiant ses propos antérieurs de déplacés. Malgré cette démarche, le verdict prononcé en mai 2026 avait maintenu la fermeté de la justice face à des appels jugés attentatoires à la stabilité institutionnelle.
Cette libération provisoire, saluée par son défenseur comme un signe de clémence des autorités ivoiriennes, marque un tournant dans ce dossier judiciaire. Si la procédure au fond se poursuit, cet élargissement permet au jeune communiquant de retrouver sa liberté de mouvement dans l'attente des prochaines étapes de son procès. Le cas Zigui demeure, pour de nombreux observateurs, un exemple de la tension constante entre la liberté de ton sur les plateformes numériques et le respect des cadres légaux en vigueur en Côte d'Ivoire.