Parrainage électoral en Côte d’Ivoire : Vincent Toh Bi monte au créneau contre la CEI
L'ancien préfet Vincent Toh Bi Irié s'en prend violemment au système de parrainage électoral en Côte d'Ivoire. Il accuse la CEI de compliquer artificiellement la démocratie.
Le parrainage électoral en Côte d'Ivoire enflamme le débat politique ivoirien. Vincent Toh Bi Irié, ancien préfet d'Abidjan et candidat à la présidentielle 2025, livre une charge sans précédent contre la Commission Électorale Indépendante. Dans une sortie remarquée, il dénonce un système qu'il juge délibérément compliqué pour écarter les candidats.
« Comment peut-on ériger autant d'obstacles technologiques, scientifiques, humains, logistiques, juridiques et politiques dans une compétition électorale ? », s'interroge-t-il avec amertume. Cette offensive frontale contre l'institution électorale révèle les tensions qui montent à l'approche du scrutin présidentiel.
Un système décrié pour sa complexité
Vincent Toh Bi Irié ne mâche pas ses mots contre le parrainage électoral. « Le problème n'est pas le pourcentage du parrainage, mais toute l'inutile sophistication non maîtrisée derrière », dénonce-t-il. L'ancien haut fonctionnaire pointe du doigt une démarche « jamais essayée en phase pilote technique ».
Cette critique technique révèle l'expertise de celui qui a dirigé la préfecture d'Abidjan. Pour lui, la CEI complique inutilement un processus démocratique qui devrait rester accessible. « C'est comme si la Côte d'Ivoire était le premier pays à organiser des élections sur la planète terre », ironise-t-il.
L'appel à la transparence télévisée
Face à cette situation, Vincent Toh Bi Irié lance un défi retentissant aux médias ivoiriens. Il interpelle nommément huit chaînes de télévision et sites d'information : 7INFO, NCI, VOXAFRICA, REFLET TV, LIFE TV, ABIIDJANTNET, INFODROME et ADN. Sa demande est claire : organiser des émissions en direct avec la CEI.
« Je demande de choisir des journalistes réellement indépendants et d'organiser des émissions en direct pendant lesquelles la CEI expliquera dans le détail, appareils à l'appui, au peuple de Côte d'Ivoire le système de parrainage », précise-t-il. Cette stratégie vise à contraindre l'institution à justifier publiquement ses choix techniques.
Des excuses qui font polémique
« Je vous demande pardon, pardon et pardon », lance Vincent Toh Bi Irié dans un mea culpa surprenant. Ces excuses publiques tranchent avec le ton offensif de ses critiques. L'ancien préfet justifie cette démarche par sa volonté de révéler ce qu'il considère comme des dysfonctionnements démocratiques.
Cette approche inhabituelle interpelle la classe politique. En s'excusant tout en attaquant, le candidat adopte une posture qui mélange humilité et fermeté. Une tactique qui pourrait marquer les esprits dans un paysage politique souvent dominé par l'invective pure.
La crainte de nouveaux conflits
Vincent Toh Bi Irié évoque explicitement les risques de tensions liées au parrainage électoral. « Nous anticipons les problèmes, avant qu'ils ne deviennent de nouveaux conflits nationaux », avertit-il. Cette référence aux crises passées souligne l'enjeu sécuritaire du débat sur la transparence électorale.
L'ancien préfet dresse un constat amer sur son pays : « La Côte d'Ivoire ne semble pas aimer quand la vie est tranquille et paisible. » Cette formule révèle ses préoccupations sur la stabilité politique nationale. Il plaide pour « le jeu de la vraie démocratie pour une fois au moins ».
Une société divisée politiquement
Le candidat livre une analyse critique de la société ivoirienne : « Notre sensibilité à l'injustice et à l'iniquité dépend de notre bord politique. » Cette observation révèle sa perception des divisions qui traversent le pays. Pour lui, cette polarisation nuit « à notre esprit, à notre humanité et à notre intellect ».
Vincent Toh Bi Irié s'interroge également sur les motivations cachées : « De quoi a-t-on aussi peur pour fermer toutes les portes d'une vraie compétition électorale ? » Cette question directe vise les autorités et suggère une volonté délibérée de limiter l'accès au scrutin présidentiel.
En interpellant directement les médias, Vincent Toh Bi Irié place la CEI face à ses responsabilités. Son objectif affiché : « Fermer ce débat une fois pour toutes » par la transparence totale. Cette démarche révèle une stratégie de communication politique rodée.
L'ancien préfet mise sur la pression médiatique pour obtenir des explications publiques. Son approche pourrait faire école parmi les candidats qui contestent le système de parrainage électoral. La réponse de la CEI à ce défi sera scrutée avec attention par l'ensemble de la classe politique ivoirienne.
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