Pr Urbain Amoa : « Voici pourquoi je serai candidat à la présidentielle 2020 »

Pr Urbain Amoa

Enseignant-chercheur, Fondateur-Recteur de l’université Charles-Louis de Montesquieu et expert-consultant indépendant en résolution et transformation des conflits, Pr. Urbain Amoa a officiellement annoncé sa candidature aux élections présidentielles de 2020. Dans cette interview, non seulement il revient sur ses motivations et  sa méthodologie pour aborder ces échéances électorales, mais aussi il se prononce sur l’actualité politique en Côte d’Ivoire.

Vous êtes homme de culture. Qu’est-ce qui vous pousse aujourd’hui à faire la politique?

Je me félicite de la demande de votre Rédaction qui aura consisté à me donner la parole dans vos colonnes et salue par  la même occasion l’esprit d’ouverture légendaire de votre parti politique. Je salue à la fois la mémoire des illustres disparus du monde des Arts et des lettres autant que la force d’intelligence de la chefferie Akoué qui, ‘’dans la case’’, a su organiser des cérémonies spirituelles de réconciliation à titre posthume entre le Président Félix Houphouët-Boigny et moi-même, un opposant de son régime depuis mes années de lycée. Déférence et respect à ce grand homme dont nous avons l’obligation de poursuivre l’œuvre sans folklorisation ni triomphalisme.

Respect à tous ces militants du PDCI-RDA qui, la mort dans l’âme, regardent impuissants l’exploitation d’un héritage très lourd à gérer dont le parti et la cité de Yamoussoukro. Faut-il croire que je suis plus un homme de culture que SEM  Félix Houphouët-Boigny qui a gouverné en fondant ses principes de gouvernance (ou de géogouvernance) sur le mode des chefferies traditionnelles des Akoué de Yamoussoukro, des Agni de l’Indénié, des Wê de Guiglo ou des Sénoufo de Korhogo ? Faut-il croire que je suis plus homme de culture que SEM Henri Konan Bédié qui, pour célébrer la Culture à Daoukro, a pris en charge, durant des années, un ensemble artistique et culturel sous la direction de Monsieur Jean-François Eyou ?

Faut-il croire que je suis plus homme de culture que SEM , historien qui, entre autres héritages, aura laissé aux générations montantes et futures, les fondements des civilisations Bété à travers le célèbre ouvrage Sur les traces des Bété ? Et nous y sommes : plus s’établit la sagesse en soi plus s’affirment les connaissances et de là naît ce que Edgar Morin appelle « la reliance », elle-même un pan de la complexité. Autrement dit, je peux affirmer que je suis homme de culture, donc homme politique parce que de mon point de vue, l’on peut retenir aussi que la politique, sans aucun fondement culturel, n’est que peine perdue parce qu’alors la vertu économique et la puissance de production deviennent des leurres, et c’est la population et la Nation qui en souffrent.

Seriez-vous prêt à rejoindre un parti politique ou un groupement politique ?

Trois raisons me prédisposent à croire que je ne suis pas prêt à m’inscrire sur la liste des militants d’un parti politique. Toutefois le candidat indépendant que je suis, s’offre le droit d’aller à l’élection présidentielle de 2020 avec un militant d’un parti politique qui se prédisposera à respecter ma liberté et ma dignité et qui, tout en s’ouvrant à ma vision (Ma Côte d’Ivoire qui Ose et qui Gagne), s’approprierait l’essentiel de ma vision et celle de son parti. D’où l’idée de l’expression d’une volonté de continuité et de rupture. La première raison est que mon attachement à la liberté d’association et d’expression exprimée à travers la Fédération Nationale des Mouvements et Associations de jeunesse (FNMAJCI) dont j’ai été, dans les années 1980, le président pendant que Monsieur Kakou Guikahué était le président du Mouvement des Elèves et Etudiants de Côte d’Ivoire (MEECI), n’est pas négociable : c’est une vertu de la société civile libre, indépendante et digne. La seconde raison est que j’ai été le Secrétaire National à l’Organisation et à la Mobilisation du Parti Ivoirien des Travailleurs  sous Monsieur le Professeur Francis Wodié  que secondait Madame Angèle Gnonsoa et que sous le label du PIT, j’ai été candidat aux législatives en 1995 où j’ai perdu face à Monsieur Jean-Michel Kouaho, candidat du PDCI-RDA, à qui j’ai  dû avoir beaucoup de respect même lors de la campagne électorale. Je serais donc malheureux de pratiquer une certaine transhumance politique.

« Paix et solidarité nationale pour une dynamique de création et de partage équitable de richesses à tout âge »

La troisième raison est que je suis triste en voyant les partis politiques et les militants se donner en spectacle à travers des jeux de dénigrement voire d’inélégance langagière, moi qui prône la diplomatie coutumière africaine porteuse des principes que je développe dans la théorie de l’élégance langagière. Je ne rejoindrai donc pas un parti politique et je n’en créerai pas un, mais je travaille plutôt à une alliance avec une personnalité dont l’essentiel du profil pourrait être en harmonie avec ma vision du monde. Ce serait ce duo dont l’un des principes serait la quête permanente du consensus et de l’aptitude à gérer de façon collégiale les affaires de la Cité, lequel duo serait composé d’un leader d’opinion (ou de la société civile) et d’un militant de grande valeur qui pourrait contribuer efficacement à donner un nouveau souffle à la Côte d’Ivoire. Il s’agira ici d’une question de méthode et le PDCI-RDA, tout, comme le en offre des indicateurs. D’autres partis aussi, assurément.

Combien de militants ou sympathisants revendiquez-vous déjà ?

Sur cette question, je répondrai en rappelant une pensée célèbre de l’Espagnol Antonio Machado (1875 – 1939) : « Le chemin se fait en marchant ». Des milliers de ‘’sans paroles’’, des milliers de chômeurs, des milliers de désespérés et de frustrés attendent de voir jusqu’où ma détermination peut les mettre en confiance, eux qui n’osent plus être visibles de peur d’être démis de leurs fonctions, d’être emprisonnés ou d’être humiliés sur la place publique.

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Et puisque mon objectif n’est nullement de les extraire de leurs confessions religieuses, de leurs régions ou de leurs partis politiques, je suis fier de dire qu’ils sont très nombreux ceux avec qui je parle ‘’dans la case’’ et qui croient, non pas en  ‘’une’’ ou  en ‘’la’’, mais en « Ma » Côte d’Ivoire qui Ose et qui Gagne soit déjà par rapport à un futur gouvernement de transition qui se doterait d’une réelle puissance de médiation, de consolidation des acquis humains et de propulsion (d’envol),soit par rapport à la gestion du pouvoir d’Etat dès 2020. Avec des militants de la société dont je me réclame, même si je ne suis pas mandaté par celle-ci, parce que diverse et variée, et de nombreux militants de tous les partis qui rêvent d’une Côte d’Ivoire nouvelle, je puis, d’ores et déjà, affirmer qu’il y a du monde à ma suite et que « le chemin se fait en marchant » parce qu’il n’est pas impossible que ceux qui n’ont aucune carte de membre d’un parti politique soient moins nombreux que les membres des groupements dits politiques.

Quel idéal prônez-vous ?

Dans  une telle aventure, mon idéal est celui qu’offre la devise de mon pays et que je dois traduire en actes : « Paix et solidarité nationale pour une dynamique de création et de partage équitable de richesses à tout âge » à partir de quatre pôles majeurs d’excellence : géogouvernance de proximité et politique active de régionalisation ; sécurité, justice et équité ; environnement, santé et hygiène (qualité de vie pour tous) ; éducation / Formation pour tous à tout âge (classique, populaire et professionnelle en alternance). Le succès de cet idéal de vie en partage proviendra de trois leviers essentiels :

– la géogouvernance de proximité (politique de régionalisation) ;

– un fédéralisme renforcé par une conférence consultative politique regroupant des Sages et les leaders des partis politiques et des syndicats) ;

– un libéralisme économique civilisé ponctué par la production locale, la transformation (artisanale et industrielle) et la commercialisation.

Dans cette dynamique, la diversité culturelle doit être le fondement de toute action de développement au cœur d’une Nation, Une, Laïque et Indivisible. D’où la traduction en actes de la devise « Union-Discipline-Travail ». Je prône donc l’avènement d’un bien-être en partage non une lutte contre la pauvreté mais plutôt une dynamique de création de richesses par tous et pour tous.

Vous dites que vous serez candidat à la présidentielle de 2020, vous y allez avec quel appareil politique ?

L’histoire de la Côte d’Ivoire montre de plus en plus que l’appartenance à un parti politique n’est pas toujours l’expression d’une réelle conviction ; qu’il y a ceux qu’un homme politique a appelés « les caméléons équilibristes », et que dans leurs gesticulations, ceux-là peuvent étouffer des personnalités et faire entraîner les groupements politiques par des vagues sans sourciller. Dès lors, tout en respectant ceux qui militent au sein de ces appareils, je ne crois pas que mon salut s’y trouve. J’y vais les mains vides et le cœur plein de bonté, de fraîcheur naïve pleine d’humanisme, la foi d’un citoyen qui croit en l’avènement d’un nouveau mode de gouvernance (gouverner autrement pour créer et partager la richesse du village à la ville) avec des élus et des  professionnels de l’Administration, résidents : c’est cette vaste affirmation de soi que j’appelle : « Mouvement du come back to the native village ».

Je prône donc l’avènement d’un bien-être en partage non une lutte contre la pauvreté mais plutôt une dynamique de création de richesses par tous et pour tous.

Le 5 octobre 2018, j’ai annoncé que j’irais à l’élection présidentielle en 2020 et j’y serai. J’ai annoncé aussi que je présenterais mon avant-projet de société à Odienné le jeudi 14 mars 2019. J’y suis allé et je l’ai fait pour signaler que sous mon autorité, nul ne devra s’autoriser à dresser des Ivoiriennes et des Ivoiriens contre d’autres Ivoiriennes et d’autres Ivoiriens et que la Côte d’Ivoire, pour être une Nation forte et demain, une grande puissance mondiale, doit être et demeurer une et indivisible. Une organisation fédérale de la Côte d’Ivoire avec six grandes régions dont une région virtuelle consacrée à la diaspora ivoirienne, nous y conduira avec douceur et éloquence.

Quel est votre regard sur la situation politique actuelle en Côte d’Ivoire. Notamment le divorce eu sein du RHDP, le rapprochement recherché par le PDCI avec le FPI?

Sans doute, la vie impose-t-elle des désagréments qui obligent à pratiquer ce que j’appelle « la théorie de l’évitement » (évitement géographique par exemple) ; sans doute aussi la quête des appétits parfois gloutons ou tout simplement le « m’as-tu vu » ou « l’incompétence » ou aussi l’estime de soi peuvent-ils conduire à des difficultés d’adaptation ou d’intégration. Ce qui est vrai, dans la quête du leadership, en famille ne l’est pas moins dans une entreprise ou dans un parti politique. En politique, l’on parle tantôt  d’alliance tactique tantôt d’alliance stratégique où, plutôt que de privilégier la politique de « gagnant-gagnant », l’on œuvre à faire triompher pour soi, la politique du « Moi-gagnant / Toi-perdant ».

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Là aussi est un jeu d’intelligence noble ou maléfique parce que c’est un univers de pièges où l’on accepte de gagner rarement durablement ensemble. C’est malheureusement à ces stratagèmes que l’on assiste et c’est là où les leaders mènent parfois en bateau les sympathisants, les membres et les militants par le fait des accords secrets qui peuvent conduire  à une vendetta. Même en ces instants de turbulences prononcées, une alliance PDCI-RDA-RHDP semble plus probable qu’une alliance PDCI-RDA-FPI. Pour l’heure, l’observateur attentif que je voudrais être croit plus en un retour d’alliance PDCI-RDA-RHDP qu’en une alliance véritable PDCI-RDA – FPI sauf si l’orgueil qui anime la personne humaine l’élève au rang de la dignité et de l’humilité. C’est là aussi que plane le règne de la honte.

Dans tous les cas, ni l’équation PDCI-RDA + RHDP = Salut de la Côte d’Ivoire, ni l’équation  PDCI-RDA + FPI = Salut de la Côte d’Ivoire ne semblent être les voies royales. Seules restent l’équation de la gestion collégiale de la Côte d’Ivoire par l’ensemble des partis et l’équation qui est la nôtre : Société civile (Candidature indépendante) + Alliances choisies = Salut de la Côte d’Ivoire. Sinon, alors, que chaque parti consolide ses bases, ses méthodes, qu’il y cultive la vertu politique et qu’il sache s’ouvrir aux autres groupements et à l’ensemble des leaders d’opinion (ou opposants).

Le Président Laurent Gbagbo et le ministre ont été acquittés à la et demeurent sous liberté conditionnelle. Comment avez-vous vécu cette mise en liberté et quel est votre jugement sur le maintien de ces deux personnalités encore en Europe ?

A travers une lettre ouverte aux dirigeants politiques du monde, j’ai déjà exprimé ma joie de savoir Monsieur Laurent Gbagbo et son ministre libérés. Mais ce n’est pas tout. Si donc un conflit oppose deux personnes et que l’une est acquittée, qui donc est coupable ? La CPI devra répondre à cette question. Bien plus, si après plus de sept ans, il n’a pas été prouvé le contraire du jugement rendu, d’où viendrait que l’on cherche des antichambres pour une mise en exil stratégique ?

Ils sont libérés. Que le Chef d’Etat, SEM , grand humaniste et plus grand économiste africain du FMI, auteur à travers ses ouvrages d’économie, de grandes théories encore méconnues sur les politiques économiques du monde contemporain, mette à contribution la diplomatie ivoirienne pour mettre fin à ce que j’ai appelé dans ma lettre ouverte à SEM , la grande honte qui s’annonce ! Que SEM Laurent Gbagbo et son ministre nous reviennent s’ils le souhaitent et que les autorités politiques prennent les dispositions convenables pour assurer leur sécurité. Et plus tard, que ceux qui doivent les y remplacer, y aillent pour apaiser les cœurs des citoyennes et des citoyens aux cœurs meurtris qui attendent confession, pardon et réparation.

Quel regard jetez-vous sur la démission de de l’Assemblée Nationale ?

Le bois sacré, tout comme les sociétés secrètes, a ses lois. Les étapes d’initiation aussi. Il est des temps de badinerie et des temps de lamentation et lorsque l’on n’honore pas certains engagements, les méthodes n’obéissent pas, elles non plus, aux règles préétablies.

les enseignants et les personnels d’encadrement du système éducatif doivent où qu’ils soient, soigner leur image et la qualité de vie de leur environnement professionnel.

Pour ce que les peuples de Côte d’Ivoire ont vécu et pour ce que la Côte d’Ivoire vit encore, une seule réponse me vient à l’esprit : qui dort à proximité d’un feu de camp connaît l’intensité de la chaleur qui s’en dégage. Pour l’heure, personne n’a encore affirmé qui  a tué les Ivoiriennes et les Ivoiriens, personne n’a donné le chiffre exact des Ivoiriennes et des Ivoiriens morts ; personne n’a organisé une cérémonie officielle et solennelle de repentance ni fait des promesses de réparation. Au festin des riches, les pauvres n’attendent que des miettes.

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Faut-il en vouloir à un coach pour avoir choisi de faire entrer en scène (ou sortir de scène) un artiste ou un joueur même professionnel ? La démission de la personnalité à laquelle vous faites allusion, tout comme la suite qui sera donnée de part et d’autre, ne me semble pas essentielle : c’est un non-évènement. Pour l’heure, les Ivoiriens pleurent encore leurs morts, victimes de la rébellion armée.

Des Ivoiriens reprochent à Guillaume Soro de trop parler, d’autres trouvent juste qu’il parle tant. Qu’en pensez-vous ?

Ce monsieur a choisi un mode de communication et des méthodes qui lui sont propres. Je les respecte. Peut-être faudrait-il rappeler que toute stratégie de communication doit savoir se soumettre à un dosage savant.

Quelle est votre recette pour le déblocage de la crise à l’école ?

La meilleure façon de détruire un peuple durant des siècles, c’est de briser son système éducatif : c’est une autre logique de guerre froide. L’on connaît les maux qui rongent notre système éducatif (conditions de vie difficile pour les enseignants et le personnel d’encadrement, matériels didactiques obsolètes, effectifs pléthoriques, promiscuité des lieux d’habitation des élèves, absence d’infrastructures et de structures d’accueil, chute de l’image du Maître…) mais des fonctionnaires de l’Etat continuent de croire que la race des enseignants est une race maudite formée au rabais et ne devant mériter aucun égard. En revanche, les enseignants et les personnels d’encadrement du système éducatif doivent où qu’ils soient, soigner leur image et la qualité de vie de leur environnement professionnel.

Or cette institution évolue dans un espace et sous l’autorité du Chef de l’Etat. Dans sa gestion quotidienne, une délégation de compétences est faite. Toutefois la délégation de pouvoirs exige de celui à qui on les délégue travail, rigueur, intelligence et esprit d’ouverture. Dès lors, la plus grande recette des recettes semble être l’aptitude à maîtriser un ‘’savoir-savant’’ de qualité (connaissance), un savoir-faire performant (professionnalisme) et un savoir-être de qualité (qualité de vie). Et puisque pour atteindre la qualité recherchée, il faut développer une dynamique de synergie, alors il faut mettre en place, dans une logique programmée d’alternance (intellectualité et pratiques manuelles), une stratégie de concertation qui facilite une prise en charge concertée des valeurs de la diversité culturelle, des politiques de développement endogène et des technologies de production, de transformation et de distribution.

La géogouvernance de proximité avec la création des écoles de développement, des centres d’incubation et des ‘’villages-écoles’ ’enrichies de plantation et d’entreprises d’Etat (hôtels – écoles, centres de menuiserie régionale, centre de plomberie communale) peuvent donner un nouveau visage à l’école, une école où les compétitions culturelles et sportives locales, régionales et nationales doivent être valorisées par le fait de la célébration des meilleurs dans toutes les disciplines.

Dans l’urgence, il faut mettre en place un Collège de Sages et d’Experts Indépendants en médiation car si le gouvernement était capable de le faire, on n’en serait pas là où nous sommes. Puisse le gouvernement reconnaître, humblement, que sur la question de l’école, il y a eu laxisme et mépris et que ce n’est pas en recrutant 10 300 futurs enseignants à former hâtivement que seront résolus les problèmes de l’école ivoirienne.

Interview réalisée par François Konan

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