Alliance PDCI-PPA-CI : quand Thiam défie le pouvoir à distance et annonce la couleur pour octobre 2025
La signature de l'alliance PDCI-PPA-CI pour le mouvement « Trop c'est Trop » ce 19 juin 2025 en présence de Laurent Gbagbo consacre la voix de Thiam pour l'alternance.
Le mouvement Trop c'est Trop Thiam trouve sa voix politique ce 19 juin 2025. Depuis l'étranger, le président du PDCI-RDA théorise l'alternance démocratique lors de la signature historique de l'alliance avec le PPA-CI. « La volonté du peuple ivoirien qui est aujourd'hui, nous le savons tous, le changement, l'alternance », affirme-t-il par visioconférence, donnant le cap idéologique au front commun de l'opposition.
Cette intervention marque l'entrée du mouvement dans une phase de structuration politique. Au-delà du simple rassemblement protestataire, Tidiane Thiam dessine les contours d'un projet alternatif pour la Côte d'Ivoire de 2025.
« 65 ans après notre indépendance »
L'analyse de Thiam situe l'enjeu dans une perspective historique longue. « 65 ans après notre indépendance, cette année 2025 aurait dû être celle de la célébration d'une nation mature et libre, une véritable fête de la démocratie », regrette le président du PDCI. Cette vision contraste avec la réalité qu'il décrit : une démocratie confisquée par le pouvoir en place.
Sa critique du système électoral se veut technique et précise. « Nous avons une commission électorale dominée par les représentants de l'exécutif ou d'organisations proches du parti au pouvoir, avec 97,5% des commissions électorales locales », dénonce-t-il. Cette statistique devient l'argument central de sa contestation du processus électoral.
« Il est certain que le résultat d'une élection tenue dans ces conditions ne saurait refléter la volonté des Ivoiriens », conclut Thiam. Cette position justifie l'engagement du PDCI dans le mouvement « Trop c'est Trop » aux côtés du PPA-CI de Laurent Gbagbo.
« Le changement conduira à la stabilité »
Tidiane Thiam inverse la rhétorique traditionnelle stabilité-changement. « Aujourd'hui c'est la continuité qui conduira à l'instabilité et le changement qui conduira à la stabilité », théorise-t-il. Cette formulation vise à rassurer les partenaires internationaux inquiets des risques de tensions post-électorales en Côte d'Ivoire.
Les exemples régionaux alimentent son argumentation : « Regardez en effet autour de nous tous les pays où des efforts ont été faits pour empêcher le libre jeu des forces démocratiques. Guinée, Mali, Burkina, Niger ont connu des moments difficiles ». Cette comparaison présente l'alternance comme un rempart contre l'instabilité régionale.
« Les pays les plus stables dans notre région aujourd'hui sont ceux qui ont joué la carte de la démocratie et connu une alternance acceptée de tous », poursuit-il, citant « Ghana, Libéria, Sénégal ». Cette grille de lecture géopolitique légitime les revendications de l'opposition ivoirienne.
Une mobilisation qui dépasse les partis
Le mouvement Trop c'est Trop Thiam se veut transpartisan selon son initiateur. « C'est avec une certaine émotion que je m'adresse à vous ce matin pour cette cérémonie à laquelle j'aurais tant aimé assister », confie-t-il, exprimant ses regrets personnels de ne pouvoir être physiquement présent.
« Comme on dit, l'homme propose, Dieu dispose. Je ne peux pas être là, mais par la grâce de Dieu, Inch'Allah, je reviendrai », promet Thiam à ses militants. Cette référence spirituelle élargit sa base d'appel au-delà des clivages politiques traditionnels.
Sa confiance repose sur une lecture populiste de la situation : « Je suis confiant parce que c'est nous qui avons le peuple avec nous ». Cette conviction fonde sa stratégie d'alliance avec Laurent Gbagbo, malgré leurs divergences historiques.
Un leadership assumé depuis l'exil
L'intervention de Thiam révèle une opposition qui assume ses contraintes. « Je tiens ici à tout particulièrement saluer le patriotisme, la détermination, le courage, l'expérience et la sagesse de mon aîné le président Laurent Gbagbo », reconnaît-il publiquement. Cette déférence marque un tournant dans les relations entre les deux leaders.
« Notre front commun sous la direction éclairée du président Gbagbo va agir sans relâche à partir de ce jour », annonce Thiam, actant le leadership de l'ancien président dans cette alliance. Cette répartition des rôles structure la hiérarchie du mouvement « Trop c'est Trop ».
Le mouvement Trop c'est Trop Thiam s'impose ainsi comme la voix de l'alternance démocratique en Côte d'Ivoire. Depuis l'exil, le président du PDCI transforme sa contrainte géographique en force de mobilisation politique, théorisant un changement présenté comme inéluctable pour octobre 2025.
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