Thiam répond au RHDP à la signature de l’alliance PDCI-PPA-CI : « on nous dit c’est fini, tout est joué, moi je dis au contraire tout commence »
La signature de l'alliance PDCI-PPA-CI pour le mouvement « Trop c'est Trop » ce 19 juin 2025 en présence de Laurent Gbagbo a déclenché la riposte de Thiam en exil contre le RHDP.
L'alliance PDCI PPA-CI Thiam transforme l'opposition ivoirienne ce 19 juin 2025. Depuis l'étranger, le président du PDCI livre un message de combat lors de la cérémonie de signature. « C'est le premier round d'un match en 15 rounds et nous irons jusqu'au bout, jusqu'à la victoire », déclare-t-il par visioconférence, galvanisant les militants rassemblés dans le cabinet de Laurent Gbagbo.
Cette métaphore pugilistique révèle la stratégie de long terme adoptée par l'opposition. Tidiane Thiam refuse le défaitisme ambiant et structure une résistance progressive face au pouvoir. Sa détermination résonne dans un contexte politique tendu, à quatre mois de l'élection présidentielle d'octobre 2025.
Une exclusion personnelle
Le témoignage personnel de Tidiane Thiam illustre les mécanismes d'exclusion dénoncés par l'opposition. « L'exclusion systématique de leaders politiques, en commençant par notre aîné, le président Laurent Gbagbo, ensuite Charles Blégoudé, Guillaume Soro, Noël Abossi-Benjo et moi-même qui ai découvert récemment que pendant 37 ans, j'ai cru être Ivoirien alors que je ne l'étais pas », confie-t-il avec amertume.
Cette révélation personnelle transcende le cas individuel pour dénoncer une stratégie politique. L'ancien patron du Crédit Suisse, figura internationale de la finance, se voit contester sa nationalité ivoirienne. Cette situation paradoxale illustre selon lui la dérive du système démocratique ivoirien.
« Ces exclusions privent les Ivoiriens de leur droit le plus précieux, de choisir », analyse Thiam. Sa position vise à transformer sa contrainte personnelle en argument politique, mobilisant l'opinion sur les dérives autoritaires qu'il dénonce.
L'union fait la force face aux obstacles
L'alliance entre le PDCI et le PPA-CI dépasse les rivalités historiques. « Je tiens ici à tout particulièrement saluer le patriotisme, la détermination, le courage, l'expérience et la sagesse de mon aîné le président Laurent Gbagbo. C'est lui qui, le premier, a conçu l'idée de ce front commun », reconnaît publiquement Thiam.
Cette reconnaissance marque un tournant dans les relations opposition. Les deux leaders historiques, malgré leurs parcours différents, s'accordent sur l'urgence démocratique. « Notre front commun sous la direction éclairée du président Gbagbo va agir sans relâche à partir de ce jour pour garantir une élection transparente, inclusive et crédible », promet le président du PDCI.
L'organisation pratique mobilise les cadres des deux partis. « Je veux saluer ici vos équipes qui depuis des mois ont travaillé d'arrache-pied pour créer ce front commun », témoigne Thiam, saluant le travail de terrain des militants.
Une stratégie régionale de légitimation
Tidiane Thiam inscrit son combat dans une dynamique ouest-africaine. « Les pays les plus stables dans notre région aujourd'hui sont ceux qui ont joué la carte de la démocratie et connu une alternance acceptée de tous. Ghana, Libéria, Sénégal », argumente-t-il. Cette comparaison vise à légitimer l'exigence d'alternance portée par l'alliance.
« Aujourd'hui c'est la continuité qui conduira à l'instabilité et le changement qui conduira à la stabilité », inverse-t-il la dialectique traditionnelle. Cette formulation cherche à rassurer les partenaires internationaux sur les intentions pacifiques de l'opposition.
La citation d'Abraham Lincoln nourrit sa rhétorique démocratique : « L'adhésion populaire est essentielle. Avec l'adhésion populaire rien ne peut échouer, sans elle rien ne peut réussir ». Cette référence historique universalise le combat mené en Côte d'Ivoire.
Un avenir qui se joue maintenant
L'alliance PDCI PPA-CI Thiam se projette vers octobre 2025 avec confiance. « Je suis confiant parce que c'est nous qui avons le peuple avec nous », affirme le président du PDCI. Cette conviction fonde sa stratégie d'union avec Laurent Gbagbo, transformant les contraintes en opportunités politiques.
« On nous dit c'est fini, tout est joué, vous êtes éliminés. Moi je dis au contraire tout commence, tout commence aujourd'hui », lance Thiam en guise de défi. Cette formule devient le cri de ralliement d'une opposition déterminée à peser sur l'avenir politique ivoirien.
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