Le Conseil des ministres de Côte d'Ivoire, réuni mercredi 5 août 2026, a adopté une communication relative à la contribution de la recherche universitaire à la lutte contre la maladie du Swollen Shoot du cacaoyer, causée par le virus CSSV (Cacao Swollen Shoot Virus). Le dossier a été présenté par le ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESRS), en liaison avec le ministère de l'Economie, des Finances et du Budget et le ministère de l'Agriculture, du Développement Rural et des Productions Vivrières.

Apparue dans le verger cacaoyer ivoirien depuis les années 1940, cette maladie virale touche aujourd'hui la quasi-totalité des zones de production de cacao du pays, ainsi que d'autres régions du monde. Elle a provoqué des pertes économiques considérables et irréversibles chez les petits exploitants situés dans les zones d'infection massive. De 1946 à 2024, la seule réponse proposée par la recherche consistait à arracher les pieds de cacaoyers contaminés.

Une équipe de l'Université Nangui Abrogoua (UNA) d'Abobo-Adjamé, dirigée par le professeur Doumbia Mamadou, a mené deux décennies de recherche, de 2004 à 2024, pour mettre au point une alternative durable. Le résultat est un ensemble de bio-solutions, des traitements biologiques élaborés à partir de matières organiques naturelles, dont l'action combinée cible et contrôle la propagation du virus.

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Depuis 2014, plus de 300 hectares ont été traités avec ces bio-solutions dans l'ensemble des zones agro-climatiques de culture du cacaoyer en Côte d'Ivoire. Le taux de succès enregistré atteint 90 % au bout de neuf mois de traitement. La formule a fait l'objet d'un brevet sur marque, revendiqué comme une innovation entièrement conçue en Côte d'Ivoire.

Renforcer le dispositif de production

Le Conseil des ministres a instruit le ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, ainsi que les départements ministériels concernés, de prendre les dispositions nécessaires pour renforcer le dispositif de production des bio-solutions. Les études scientifiques complémentaires devront être menées à leur terme pour permettre la validation pleine et entière de cette solution.

La Côte d'Ivoire reste le premier producteur mondial de cacao, avec près de deux millions de tonnes récoltées chaque année. Le CSSV figure, aux côtés de la pourriture brune, parmi les principales menaces phytosanitaires pesant sur cette filière et fragilise durablement les vergers exploités par les producteurs.