Ahoua Don Mello analyse la répartition des gains du gisement offshore Baleine et suggère une réforme du modèle pétrolier ivoirien.

Le consortium mené par la compagnie italienne ENI a validé le 25 mai 2026 la Décision Finale d'Investissement (FID) pour la phase 3 d'exploitation du champ pétrolier Baleine. Découvert en septembre 2021 à 70 kilomètres au large d'Abidjan, ce site en eaux profondes représente le plus grand gisement hydrocarbure de l'histoire du pays.

Le plan de développement affiche une progression rapide avec une phase 1 lancée en août 2023, suivie d'une phase 2 en décembre 2024 atteignant 62 000 barils par jour. Les projections de la phase 3 visent une production quotidienne de 150 000 barils de pétrole et 200 millions de pieds cubes de gaz d'ici 2027.

Une structure actionnariale dominée par le privé

L'analyse technique met en lumière un déséquilibre dans le Contrat de Partage de Production (CPP) actuel, où la société nationale ne détient que 22,75 % des parts, contre 77,25 % pour les firmes étrangères Eni, Vitol et SOCAR. Pour un prix de référence de 70 dollars le baril, les revenus annuels générés affichent 2,94 milliards de dollars pour le bloc extérieur contre 0,866 milliard de dollars pour l'État ivoirien.

Ahoua Don Mello préconise une transition vers un « Contrat de Service » où les pétroliers extérieurs agiraient comme de simples prestataires techniques rémunérés à tarif fixe. Cette mutation contractuelle exige toutefois la maîtrise du risque technique par la PETROCI, la création d'un fonds souverain stable et le renforcement des compétences financières nationales.