Syndicalisme étudiant : le Sénégal lève sa suspension, Abidjan reste ferme
Le Sénégal annonce la levée de la suspension des amicales de l'UCAD, un an après la dissolution de la FESCI en Côte d'Ivoire pour des faits similaires.
Le ministre sénégalais de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, Boubacar Camara, a annoncé lundi 27 juillet 2026 à Fatick, dans le centre du Sénégal, la levée prochaine de la suspension des amicales d'étudiants de l'Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar.
Le ministre a indiqué que les autorités s'apprêtent à réunir les représentants étudiants autour d'une table pour rétablir le dialogue sur les campus. Cette orientation reflète une volonté affichée par la présidence sénégalaise d'améliorer les conditions d'études des étudiants.
La suspension des amicales avait été prononcée en février 2026 par le Conseil académique de l'UCAD, à titre conservatoire, après des tensions ayant suivi la mort de l'étudiant en médecine Abdoulaye Ba lors d'affrontements avec les forces de l'ordre.
Boubacar Camara a annoncé la préparation d'un pacte social destiné à prévenir les crises universitaires et à instaurer des canaux de dialogue entre étudiants, enseignants et personnels administratifs, avant que les différends ne dégénèrent en confrontations.
Un précédent ivoirien encore d'actualité
La situation sénégalaise fait écho à celle vécue par la Côte d'Ivoire, où la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (FESCI) a été dissoute en octobre 2024. Cette dissolution, décidée par les autorités ivoiriennes, faisait suite à une enquête ouverte après la mort de deux étudiants et la découverte de pratiques illégales dans des cités universitaires.
Le secrétaire général de la FESCI, Sié Kambou, ainsi que plusieurs autres responsables du syndicat, avaient été interpellés et placés sous mandat de dépôt à la suite de cette procédure. Contrairement au choix opéré par Dakar, Abidjan n'a annoncé, à ce jour, aucune levée de l'interdiction visant les organisations syndicales étudiantes dissoutes.
Fondée en 1990, la FESCI s'était imposée pendant plusieurs décennies comme un acteur central de la vie universitaire ivoirienne, avant d'être régulièrement mise en cause pour des faits de racket et de violences sur les campus.
Au Sénégal, le ministre Boubacar Camara a par ailleurs réaffirmé la nécessité de préserver les libertés syndicales des enseignants, tout en appelant l'ensemble des acteurs universitaires à privilégier la concertation plutôt que les mouvements de contestation.