Huit hommes et une femme âgés de 24 à 37 ans ont été arrêtés fin juin 2026 à Aulnay-sous-Bois, Bondy, Gonesse et Argenteuil, en région parisienne, par la brigade de recherche et d'investigations financières. Quatre d'entre eux seront jugés par le tribunal correctionnel de Paris le jeudi 17 septembre 2026, soupçonnés d'avoir mené une escroquerie en 2024 au préjudice d'un homme de 84 ans, floué de près d'un million d'euros.
L'enquête a débuté mi-décembre 2024, après une alerte de Tracfin, la cellule chargée du renseignement sur les transactions financières suspectes en France. La victime, résidant dans le 17e arrondissement de Paris, avait été mise en relation avec une femme se présentant comme la fille d'un ami décédé. Les escrocs l'avaient ensuite mis en contact avec un faux notaire et un faux banquier pour le convaincre de la légitimité de ses versements.

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L'octogénaire a versé plus de 930 000 euros par mandats en espèces, transferts PCS et virements bancaires vers des comptes ouverts en Allemagne, l'argent étant ensuite acheminé vers l'Afrique et la France. Environ 11 000 euros ont été retirés en espèces en Seine-Saint-Denis.
Les enquêteurs ont identifié un système de recrutement de « mules » sur les réseaux sociaux, notamment Snapchat, où de jeunes titulaires de comptes bancaires étaient approchés contre une rémunération d'une centaine d'euros. Lors des perquisitions menées le 24 juin 2026, les policiers ont saisi douze téléphones, des cartes SIM, 1 460 euros en espèces, des tickets PaySafe et un ordinateur contenant des notes typiques des escroqueries dites « à la romance » ou « scam 419 ».
L'organisateur présumé passe aux aveux
L'organisateur présumé du réseau, identifié comme Fatay S., a fini par reconnaître les faits lors de son audition. Il se faisait passer pour une femme sur des sites de rencontres pour piéger des hommes âgés, et l'exploitation de ses supports informatiques a confirmé qu'il correspondait directement avec la victime parisienne. Un des recruteurs a admis avoir collaboré entre 2021 et 2024 avec des réseaux de brouteurs, un trafic qui lui aurait rapporté environ 100 000 euros.
Le terme « brouteur », utilisé en Afrique de l'Ouest pour désigner les auteurs d'escroqueries en ligne, est régulièrement associé à des filières identifiées en Côte d'Ivoire. Les autorités ivoiriennes ont renforcé ces dernières années leur dispositif de lutte contre la cybercriminalité, notamment via la plateforme de lutte contre la cybercriminalité de la police nationale.
