Monnaie unique CEDEAO : l'ECO toujours annoncé pour 2027, Ouattara en première ligne
Réunie le 19 juillet 2026 à Freetown, la CEDEAO a confié au président Alassane Ouattara le pilotage du projet de monnaie unique ECO, prévu pour 2027.
La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a réaffirmé, samedi 19 juillet 2026 à Freetown, en Sierra Leone, son objectif de lancer la monnaie unique ECO en 2027. Les chefs d'État réunis en conférence ont confié le pilotage du dossier au président ivoirien Alassane Ouattara, seul membre encore en fonction de la Task Force présidentielle constituée en 2013 avec les présidents Issoufou Mahamadou du Niger et John Dramani Mahama du Ghana.
La Conférence a chargé la Commission de la CEDEAO de convoquer une réunion de cette Task Force avant le sommet ordinaire de décembre 2026, en lien avec le président Ouattara. Elle a aussi demandé à la Commission et à l'Agence monétaire de l'Afrique de l'Ouest (AMAO) d'intensifier les consultations avec les gouverneurs des banques centrales sur les questions encore en suspens.
Le projet de monnaie unique remonte à 1987, avec l'adoption du Programme de coopération monétaire de la CEDEAO. En mars 2014 à Yamoussoukro, les chefs d'État avaient opté pour une approche progressive plutôt qu'un lancement en deux étapes. Des critères de convergence avaient ensuite été fixés le 10 juillet 2014 à Accra, portant notamment sur les réserves de change, le déficit budgétaire et l'inflation. Le nom ECO, un régime de change flexible et un système fédéral de banque centrale avaient été retenus le 29 juin 2019 à Abuja.
Un projet freiné par des désaccords persistants
Pour Ahoua Don-Mello, vice-président de l'Alliance internationale des BRICS, le non-respect récurrent des critères de convergence par les États membres ne suffit pas à expliquer les retards accumulés depuis 1975. Il attribue le blocage aux accords monétaires liant l'Union monétaire ouest-africaine (UMOA) à la France, ainsi qu'aux craintes de certains États face au poids économique du Nigeria, dont le produit intérieur brut représente près de 65 % de celui de la région.
Ahoua Don-Mello estime que la responsabilité confiée à Alassane Ouattara pour conduire la transition vers 2027 place le président ivoirien devant un choix entre les alliances monétaires existantes et un projet régional autonome. Il plaide pour un processus d'approbation référendaire dans chaque pays membre, afin que le débat sur l'ECO ne reste pas circonscrit aux seules instances présidentielles.