ECO : Don-Mello pointe les obstacles à la monnaie unique CEDEAO
Dans une tribune publiée vendredi 24 juillet 2026, l'expert Ahoua Don-Mello revient sur le mandat confié à Alassane Ouattara pour lancer l'ECO en 2027.
La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a pris l'engagement, dimanche 19 juillet 2026 à Freetown, en Sierra Leone, de lancer en 2027 l'ECO, sa future monnaie unique. Cette mission a été confiée au président ivoirien Alassane Ouattara. Dans une tribune publiée vendredi 24 juillet 2026 à Abidjan, l'ingénieur Ahoua Don-Mello, expert associé de l'Université de Kazan et vice-président de l'Alliance internationale des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), revient sur les origines de ce projet et sur les obstacles qui ont freiné sa mise en œuvre.
L'auteur rappelle que le projet de monnaie commune remonte à 1987, avec le Programme de coopération monétaire de la CEDEAO. En mars 2014 à Yamoussoukro, la Conférence des chefs d'État a adopté une approche progressive, puis fixé le 10 juillet 2014 à Accra, au Ghana, des critères de convergence portant notamment sur les réserves de change, le déficit budgétaire et l'inflation. Le 29 juin 2019 à Abuja, au Nigeria, les chefs d'État ont retenu le nom ECO, opté pour un régime de change flexible et adopté un système fédéral pour la future banque centrale.
Selon Ahoua Don-Mello, ces décisions ont mis fin à la garantie française et à la parité fixe entre l'euro et le franc CFA, ce qui a motivé une intervention de la France pour proposer un ECO adossé au franc CFA. L'auteur attribue le ralentissement du processus à deux facteurs : les accords monétaires liant les pays de l'Union monétaire ouest-africaine (UMOA) à la France, et la crainte, chez certains États membres, d'une hégémonie du naira nigérian sur la future monnaie commune.
Des conditions posées pour la réussite du projet
La tribune énumère plusieurs conditions jugées nécessaires à la réussite du projet : le respect des critères de convergence fixés par la CEDEAO, le contrôle de la production d'or par les États membres, la centralisation des réserves aurifères au sein de la future banque centrale communautaire, et l'organisation d'un processus référendaire dans chaque pays membre.
Ahoua Don-Mello cite une déclaration attribuée à Emmanuel Macron durant sa campagne présidentielle de 2017, selon laquelle la colonisation constituerait un crime, pour en tirer une conclusion personnelle sur le rôle du franc CFA. Il estime que la solidité de l'ECO dépendra d'un projet politique plus large, incluant le développement d'infrastructures communautaires et industrielles entre les États membres.