Côte d’Ivoire : Le gouvernement profite de l’affaire Bendjo, pour faire passer une pilule amère

C'est la deuxième hausse de carburant en un mois, en Côte d'Ivoire
C'est la deuxième hausse de carburant en un mois, en Côte d'Ivoire

Le conseil des ministres s’est réuni le mercredi 1er août 2018, sous la présidence d’, au palais présidentiel du Plateau. A l’issue de ce conseil, le gouvernement a pris une décision passée inaperçue, tant les Ivoiriens étaient focalisés sur l’affaire Bendjo. Côte d’Ivoire hausse du prix du carburant.

« Au titre du secrétariat d’Etat auprès du premier ministre, chargé du Budget et du Portefeuille de l’Etat, en liaison avec le ministère du Pétrole, de l’Energie et des Energies renouvelables ; le Conseil a adopté une ordonnance instituant la taxe de soutien au développement de l’activité de raffinage ainsi que son projet de loi de ratification formalisant l’allocation des ressources de la SIR, pour le remboursement de l’emprunt à contracter dans le cadre du refinancement de la dette à court terme de la SIR.

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Cette mesure institue une taxe de 30 francs CFA par litre à l’ambiant sur le super carburant, de 15 francs CFA par litre à l’ambiant sur le gasoil et de 30 francs CFA par kilogramme sur la DDO et le fuel oil, en vue de soutenir durablement le développement de l’activité de raffinage en difficulté ». Tel est l’extrait du communiqué qui est passé inaperçu.

En clair, les tarifs du carburant super sans plomb et du gazoil vont subir une énième augmentation d’ici quelques jours  en Côte d’Ivoire. Et ces augmentations seront très élevées (30 FCFA pour le super, soit une augmentation de près de 20%). Une pilule mal reçue par les consommateurs qui craignent une répercussion sur le coût de la vie.

L’augmentation des prix du carburant a connu ces derniers temps une variation si importante qu’elle entraîne, chez les consommateurs, angoisses et inquiétudes pour leur pouvoir d’achat, en raison de l’impact que cette augmentation sur les prix des autres biens et services, notamment dans le domaine du transport public.

Six augmentations en un an ?

En dix mois, la Côte d’Ivoire a déjà connu cinq augmentations et sera sans doute à sa sixième hausse, en un an. En effet, le 2 octobre 2017, l’augmentation était de 10 FCFA le litre passant de 570 FCFA à 580 FCFA. Un mois plus tard, le litre de carburant gas-oil et Essence passaient encore chacun de 580 FCFA à 595 FCAF le litre à la pompe. Le 04 avril 2018 une nouvelle augmentation de 5 FCFA était constatée à la pompe, passant de 595 FCFA à 600 FCFA.

Le 07 mai 2018, ce sont 10 FCFA qui sont mis sur le prix du litre. Passant de 600 FCFA à 610 FCFA. Cette fois, c’est une augmentation de 30 francs CFA sur le litre du super carburant, de 15 francs CFA sur le litre du gasoil et de 30 francs CFA par kilogramme sur la DDO et le fuel oil.

Toute augmentation des prix des carburants a toujours une conséquence sur les autres produits de consommation. Ainsi, avec cette énième augmentation qui ne tardera pas, le coût du transport va augmenter, de même que les prix dans le secteur des produits vivriers, le lait, le savon, le riz, l’huile et bien d’autres produits de grande consommation.

Avec près de la moitié de sa population qui vit en dessous du seuil de pauvreté, la décision du gouvernement qui vise à faire payer à la population, un équilibre de la SIR, dû, entre autres, à une mauvaise gouvernance des élites, viendra accroître les mécontentements. Où sont donc  passées les solutions du RDR pour réduire le coût du carburant, une promesse de campagne du président Alassane Ouattara ?

Karina Fofana

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