Déguerpissements à Port-Bouët : le maire dément toute implication
Le maire de Port-Bouët a répondu, mercredi 1er juillet 2026, au ministre-gouverneur d'Abidjan, rejetant toute implication dans les déguerpissements.
La Mairie de Port-Bouët a adressé, mercredi 1er juillet 2026, un courrier au ministre-gouverneur du District autonome d'Abidjan, Cissé Ibrahima, en réponse à une correspondance de ce dernier datée du 22 juin 2026. Le document, signé par le directeur de cabinet du maire, Lokougnan Fulbert, rejette toute association de la commune aux opérations de déguerpissement menées dans plusieurs quartiers de Port-Bouët.
Dans sa lettre, le ministre-gouverneur affirmait que le District avait conduit seul des opérations de déguerpissement à Zimbabwé, Toviato et Vridi Canal, ainsi qu'à Vridi Plage, Anlaya, Phare-Littoral et Cité mobile. Il qualifiait lui-même ces opérations de « sale boulot » sur sa page Facebook officielle, le 22 juin 2026. La mairie rappelle que lors d'une réunion du Cadre permanent de concertation, début 2024, le ministre-gouverneur avait pourtant assuré aux maires du District que « les sites ne sont pas à démolir ou à déguerpir », promettant un traitement spécifique en lien avec les directions techniques communales.
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La correspondance mentionne également un déjeuner de presse organisé le jeudi 16 janvier 2025 à l'Hôtel du District au Plateau, au cours duquel le ministre-gouverneur aurait déclaré ne pas avoir eu besoin de l'avis du maire pour démolir l'abattoir de Port-Bouët, ni pour l'aménagement du site déguerpi.
Une politique de régularisation revendiquée par la commune
Le courrier oppose à ces opérations la politique menée par le Conseil municipal de Port-Bouët depuis son premier mandat, fondée sur la régularisation et la restructuration des quartiers précaires plutôt que sur des déguerpissements systématiques. Cette démarche est conduite sous le contrôle du Bureau national d'études techniques et de développement (BNETD) et du ministère de la Construction, du Logement et de l'Urbanisme, dans l'objectif de délivrer aux populations un titre foncier définitif.
La mairie indique avoir suspendu sa participation au Cadre permanent de concertation, estimant que le District cherchait à l'associer à des opérations qu'elle n'a pas menées. Elle affirme sa solidarité avec les populations déguerpies de Yopougon-Gesco, Attécoubé-Boribana, du Plateau et d'Adjamé-Village, et réitère sa demande d'une prise en charge rapide de ces familles.