La FESCI demeure une source de tensions dans les universités ivoiriennes. Malgré les promesses de réformes, le syndicat étudiant peine à se défaire de son image controversée.

La : un acteur incontournable et problématique de la vie universitaire ivoirienne depuis des décennies. Malgré les tentatives de réforme et les promesses de changement, le syndicat étudiant reste au cœur des troubles qui agitent les campus du pays.

En 2012, lors de la réouverture des universités après deux ans de fermeture, le président déclarait : « Les universités étaient devenues un lieu de violence et de corruption. » Cette affirmation soulignait l'ampleur des défis à relever pour assainir l'environnement universitaire.

Douze ans plus tard, force est de constater que la situation n'a guère évolué. Les universités publiques demeurent le théâtre de violences et de pratiques illégales, avec la FESCI comme acteur central de ces dérives.

Une organisation aux multiples visages

La FESCI, dissoute à plusieurs reprises (1993, 1999) puis réhabilitée, s'est imposée comme une force incontournable sur les campus. Son influence s'étend bien au-delà des questions académiques, touchant à l'attribution des bourses et des logements universitaires.

Kambou Sié, élu secrétaire général en décembre 2023, avait promis de profondes réformes pour redorer l'image du syndicat. Cependant, son interpellation en octobre 2024, suite à l'assassinat d'un responsable de la FESCI, a mis fin à ces espoirs.

Le journaliste Ferro Bally résume la situation : « Avec la Fesci, qui avait son mot à dire dans l'attribution des bourses et des chambres dans les résidences universitaires, la corruption a eu le vent en poupe, avec des ‘étudiants de carrière' intouchables. »

Entre dialogue et répression

Face à cette situation, les autorités ivoiriennes oscillent entre tentatives de dialogue et mesures répressives. En avril 2024, le ministère de l'Enseignement supérieur avait accédé à plusieurs revendications de la FESCI. En juillet, le ministre visitait même le chantier du nouveau siège du syndicat.

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Cependant, l'assassinat de Déagoué Mars Aubin a marqué un tournant. Le ministère a réagi par des mesures drastiques : interdiction des activités syndicales, expulsions dans les résidences universitaires et démolition du siège de la FESCI.

Ferro Bally conclut : « Sans franchir le rubicond : la vitrification de l'organisation, qui a pris l'école en otage. » Cette phrase souligne le dilemme auquel font face les autorités : comment gérer une organisation devenue problématique sans pour autant risquer une escalade des tensions sur les campus ?

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