Guillaume Soro rejoint le front « Trop c'est Trop » de Laurent Gbagbo suite au front commun PPA-CI PDCI. Le GPS se mobilise contre le quatrième mandat d'Alassane Ouattara.

franchit officiellement le Rubicon. Dans une déclaration datée du 24 juin 2025, le président de Générations et Peuples Solidaires annonce son adhésion au front « Trop c'est Trop » de . Cette annonce fait suite à l'analyse menée par le Cadre Restreint de GPS sur les récents développements politiques, notamment la signature du front commun PDCI du 19 juin.

L'ancien bras droit d' justifie cette décision par la nécessité de construire une opposition forte. GPS évoque dans son communiqué « le regain de volonté de rassemblement et d'unité d'action de l'opposition politique ». Cette union apparaît comme « le seul gage pour faire plier le régime au pouvoir », selon les termes de la déclaration officielle.

Une stratégie d'opposition coordonnée

Guillaume Soro inscrit cette adhésion dans la continuité de sa ligne politique récente. GPS avait déjà manifesté son soutien à l'appel de Bonoua et exprimé « un écho favorable à la lettre au peuple du Président Gbagbo du 12 juin 2025 ». Cette progression logique témoigne d'une stratégie mûrement réfléchie pour structurer l'opposition anti-Ouattara.

Le timing de cette annonce n'est pas fortuit. Elle intervient après la double cérémonie du 19 juin qui a vu naître le front commun entre le PPA-CI et le , d'une part, et la présentation des structures du mouvement gbagbiste, d'autre part. Guillaume Soro salue « le caractère pertinent de ces deux initiatives pour l'avenir de l'opposition ivoirienne dans sa lutte pour la sauvegarde de la démocratie ».

Diagnostic sévère du congrès RHDP

L'ancien Premier ministre livre une lecture acerbe du congrès du parti au pouvoir qui s'est déroulé au Parc des Expositions de Port-Bouët et au Stade d'Ebimpé. GPS décortique ce qu'elle qualifie de « stratégie globale du » déclinée en deux phases distinctes.

D'abord, l'utilisation massive des ressources publiques pour créer un effet d'annonce. Le RHDP a « envahi l'espace public, massivement occupé les médias d'État » et mobilisé « les principaux médias d'Afrique francophone ». Cette opération de communication vise, selon Guillaume Soro, à « présenter à la communauté internationale cet événement comme une preuve de sa supposée popularité ».

La mascarade du « plébiscite » interne

Le second volet de la stratégie gouvernementale essuie les critiques les plus virulentes de GPS. Guillaume Soro dénonce « la théâtralisation ridicule d'un supposé appel des bases » réclamant un nouveau mandat présidentiel. Cette mise en scène est qualifiée de « subterfuge » qui « n'a convaincu personne d'autre que lui-même ».

L'analyse de GPS va plus loin en comparant cette manœuvre à « une inauthentique paraphrase du général de Gaulle ». La référence au célèbre « je vous ai compris » est jugée comme un « artifice creux » par Guillaume Soro. Pour GPS, la véritable intention du président demeure transparente : « toute l'opinion sait que le mantra de Ouattara, c'est la présidence à vie ».

Mobilisation pour barrer la route au pouvoir

Guillaume Soro transforme son diagnostic en appel à l'action. GPS « dénonce cette forfaiture qui consiste à écarter tous les candidats de l'opposition politique au profit d'un candidat illégitime et illégal ». Le parti exhorte directement « le peuple souverain » à mobiliser « tous les moyens légaux et pacifiques » pour contrer cette stratégie.

La formule finale de Guillaume Soro résonne comme un slogan de campagne : « Comme tout bon tyran, Alassane Ouattara se perdra dans une énième candidature de trop. Et trop est toujours trop. » Cette phrase fait écho au nom même du mouvement gbagbiste et traduit la détermination de l'opposition unie.

GPS conclut en réaffirmant « son engagement pour une paix durable fondée sur l'inclusion, la vérité, la justice, la solidarité et la souveraineté populaire ». Un programme politique qui contraste avec la « forfaiture » dénoncée chez leurs adversaires.

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