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Gbagbo retire le PPA-CI de la CEI

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by Christian Aka
Gbagbo retire le PPA-CI de la CEI
Laurent Gbagbo au Stade d’Angré de Cocody ce 1er Mars 2025 © Crédit Photo DR

L'ancien président Laurent Gbagbo annonce le retrait du PPA-CI de la CEI qu'il accuse de partialité et de manque d'indépendance à l'approche de la présidentielle.

retire son parti de la Commission Électorale Indépendante. Dans un communiqué officiel publié le 11 avril 2025, le président du Parti des Peuples Africains-Côte d'Ivoire () a annoncé la suspension immédiate de toute participation de sa formation politique aux activités de l'institution électorale. Une décision motivée par ce qu'il qualifie de graves dérives dans le fonctionnement de la .

Le communiqué, signé personnellement par l'ancien chef d'État, dresse un constat sans appel de la situation. « J'observe avec gravité le fonctionnement de la Commission Électorale Indépendante (CEI). J'observe, je réfléchis, j'analyse. Mais aujourd'hui, je me dois de décider », écrit-il en préambule de sa déclaration. Un ton qui annonce la fermeté des critiques et de la décision qui s'ensuit.

Une Commission sous influence selon Gbagbo

Le fondateur du PPA-CI ne fait preuve d'aucune retenue dans sa critique de l'organe électoral. « La CEI n'est plus ce qu'elle prétend être. Elle n'est plus une institution indépendante. Elle est devenue l'instrument docile d'un pouvoir qui refuse l'alternance, qui refuse la transparence, qui refuse l'inclusion », affirme-t-il dans son communiqué.

Laurent Gbagbo formule également des accusations précises concernant les manquements qu'il reproche à l'institution. « La CEI, aujourd'hui, viole ses propres textes pour satisfaire les intérêts du pouvoir. Elle tente d'écarter des leaders de l'opposition de la course présidentielle. Elle refuse d'auditer une liste électorale gangrenée par des irrégularités massives », détaille le document.

Le dirigeant politique va plus loin en accusant la Commission de tenter « d'imposer de nouvelles règles contraires au code électoral pour verrouiller davantage le contentieux ». Des critiques qui touchent aux fondements mêmes de la légitimité de l'institution chargée d'organiser la présidentielle d'octobre 2025.

La référence au 11 avril 2011

La date choisie pour cette annonce n'est pas fortuite. Le 11 avril rappelle l'arrestation de Laurent Gbagbo en 2011, événement qui avait marqué la fin de la crise post-électorale après le scrutin contesté de 2010. « En 2011, la Côte d'Ivoire a connu le pire. Et cela à cause d'une CEI partiale, soumise, instrumentalisée par l'opposition d'alors, aujourd'hui au pouvoir », souligne l'ancien président.

Cette référence historique lui permet d'établir un parallèle avec la situation actuelle, tout en inversant les rôles. La conclusion de son communiqué est sans équivoque sur ce point : « Cela est nécessaire, car nous ne voulons plus d'un autre 11 avril ». Cette formule laisse entendre que le fonctionnement actuel de la CEI pourrait conduire à une nouvelle crise comparable à celle de 2010-2011.

Un appel au dialogue politique

En parallèle de cette annonce de retrait, Laurent Gbagbo a également publié un second communiqué dans lequel il appelle à une concertation nationale. « Nous demandons donc l'ouverture d'un dialogue politique sincère entre les principaux partis de l'opposition, la société civile et le pouvoir », précise ce document.

L'objectif affiché est de « remettre la Côte d'Ivoire sur le chemin d'élections crédibles, inclusives et apaisées ». Dans ce texte, l'ancien président dresse un constat alarmant de la situation politique : « Tout le monde voit la crise monter. Tout le monde sent la tension. Tout le monde, sauf ceux qui dirigent aujourd'hui, aveuglés par leur volonté de conserver le pouvoir ».

Ces communiqués du PPA-CI interviennent dans un contexte déjà tendu, à six mois de l'élection présidentielle. D'autres formations politiques de l'opposition ont également exprimé des réserves sur les conditions d'organisation du scrutin, sans toutefois aller jusqu'à un retrait formel de la CEI comme vient de le faire le parti de Laurent Gbagbo.

Cette décision pourrait créer un précédent et inciter d'autres partis à suivre la même voie, compliquant davantage la préparation d'une élection présidentielle que toutes les parties affirment vouloir pacifique et transparente.

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