Joël N’Guessan, l’ancien ministre RHDP, devant le procureur ce 19 juin ?
L'ancien ministre RHDP Joël N'Guessan en garde à vue pour outrage après avoir accusé les magistrats d'exclusion politique. Comparution prévue jeudi.
L'ancien ministre RHDP Joël N'Guessan découvre les cellules de la préfecture de police d'Abidjan après ses déclarations fracassantes contre la magistrature. Cette figure du parti présidentiel a franchi la ligne rouge mardi en accusant directement les juges d'orchestrer l'exclusion de personnalités politiques. Sa convocation mercredi s'est soldée par un placement en garde à vue immédiat.
Les services du procureur reprochent à l'ex-porte-parole du RHDP des propos qualifiés d'outrageants envers l'institution judiciaire. Cette interpellation intervient dans un climat politique déjà tendu par les questions d'éligibilité de plusieurs candidats potentiels. L'affaire N'Guessan pourrait redéfinir les limites de la critique politique en Côte d'Ivoire.
Le RHDP face à ses contradictions internes
Cette arrestation embarrasse le parti présidentiel dont N'Guessan fut l'un des principaux communicants. L'ancien ministre des Droits de l'Homme critique ouvertement un système judiciaire soutenu par son propre camp politique. Ses accusations visent spécifiquement le traitement du dossier Tidjane Thiam, ancien cadre du parti.
« Ce n'est pas moi qui ai décidé de ne pas délivrer un certificat de nationalité ivoirienne à Tidjane Thiam. Ce sont eux », dénonce N'Guessan en pointant les magistrats. Cette sortie révèle les tensions internes au RHDP concernant la gestion des candidatures controversées. L'ancien porte-parole semble reprocher au pouvoir judiciaire des décisions politiquement motivées.
Prédictions alarmistes sur la stabilité
Joël N'Guessan adopte un ton prophétique en évoquant les conséquences des exclusions politiques actuelles. « L'exclusion de certains acteurs politiques aboutira à une crise au plan national », prédit-il dans sa tribune polémique. Cette analyse pessimiste contraste avec le discours officiel du RHDP prônant l'apaisement politique.
L'ancien ministre va jusqu'à désigner les responsables futurs d'éventuels troubles : « Si demain, il y a des troubles, ce seront les magistrats les responsables, pas les hommes politiques ». Ces propos constituent selon le parquet une provocation dangereuse susceptible d'attiser les tensions sociales. La justice considère ces déclarations comme dépassant le cadre de la critique légitime.
Justice saisie, avenir politique en question
Le procureur d'Abidjan-Plateau recevra N'Guessan jeudi pour statuer sur les poursuites. L'outrage à magistrat figure parmi les chefs d'accusation retenus, mais d'autres infractions pourraient s'ajouter au dossier. Les enquêteurs analysent l'ensemble des déclarations récentes de l'ancien responsable gouvernemental.
Cette procédure judiciaire compromet sérieusement l'avenir politique de N'Guessan au sein du RHDP. Le parti présidentiel devra clarifier sa position face aux critiques de son ancien porte-parole. Cette affaire teste la cohésion du mouvement présidentiel à l'approche d'échéances électorales déterminantes pour l'avenir du pays.
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