Assalé Tiémoko conteste les résultats des Législatives ivoiriennes 2025 à Tiassalé, dénonçant des fraudes et un décalage des PV. Le député sortant saisira le Conseil constitutionnel.
La quiétude post-électorale est de courte durée à Tiassalé. Au lendemain des Législatives ivoiriennes 2025, la déclaration du député sortant Assalé Tiémoko a jeté un pavé dans la mare politique locale. Le président du parti Agir pour la Démocratie et la Côte d'Ivoire (ADCI) conteste avec force les résultats provisoires annoncés par la Commission Électorale Indépendante (CEI), qu'il qualifie de « farfelus » et de « manipulation éhontée ». Une position qui marque un tournant pour cet élu connu pour son franc-parler, sa pugnacité et son historique de reconnaissance fair-play lors de précédentes défaites serrées.
Cette circonscription du sud ivoirien, qui a vu 16 841 électeurs se rendre aux urnes sur les 39 362 inscrits – soit un taux de participation de 42,78% répartis dans 123 bureaux de vote – est désormais le théâtre d'une âpre bataille des chiffres. Le scrutin du 27 décembre 2025, censé renouveler la composition de l'Assemblée nationale, pourrait bien connaître un épilogue juridique houleux à Tiassalé, remettant en question la transparence du processus dans cette localité.
Des procès-verbaux « gonflés » et des voix « inconnues »
La contestation d'Assalé Tiémoko repose sur des accusations précises de manipulation et de divergence flagrante entre les données locales et les totaux nationaux. Selon les résultats provisoires de la CEI, Alpha Sanogo, candidat du RHDP (parti au pouvoir), aurait remporté le siège avec 8 557 voix (soit 52,42% des suffrages exprimés), devançant Assalé Tiémoko, crédité de 7 489 voix (45,88%). Le troisième candidat en lice, Mian Octavi Perou, ferme la marche avec un score marginal de 159 voix (0,97%). Mais pour le député sortant, ces chiffres ne tiennent pas la route.
« Ce qui s'est passé hier est intolérable : jamais je ne pourrai accepter une telle forfaiture », a-t-il affirmé dans un communiqué, visiblement remonté et refusant la défaite. Le nœud du problème, selon le journaliste devenu politicien : une déconnexion totale entre les compilations effectuées dans les bureaux de vote locaux, dont il affirme détenir les procès-verbaux (PV), et les totaux proclamés au niveau national par la CEI. Il évoque l'apparition de « sept procès-verbaux d'origine inconnue » et l'omission inexpliquée de quatre bureaux de vote à Tiassalé. Plus choquant encore, il dénonce un gonflement artificiel des voix, citant l'exemple de son adversaire du RHDP à Morokro, dont le score serait passé de 891 à plus de 3 100 voix selon ses propres calculs.
Un « trop-plein » de voix que le candidat refuse
Ce qui rend la situation particulièrement singulière, c'est qu'Assalé Tiémoko refuse même les voix supplémentaires qui lui ont été attribuées par la CEI, allant à l'encontre de la logique habituelle des contestations électorales. Il a procédé à son propre recomptage, basé sur les procès-verbaux en sa possession. Pour lui, le cumul initial de ses voix (Tiassalé + Morokro) ne dépassait pas 5 807 voix. Or, la CEI lui en attribue 7 489. Pour Alpha Sanogo, le delta est encore plus important : 6 336 voix issues de son propre calcul contre les 8 557 proclamées par l'instance électorale.
« D'où proviennent ces voix ? », s'interroge le candidat avec insistance, pointant une incohérence fondamentale dans l'arithmétique électorale. Il rejette catégoriquement ce qu'il perçoit comme une tentative de maquiller les résultats : « Je ne reconnais pas les 1 678 voix supplémentaires qui m'ont été attribuées à Morokro : c'est totalement imaginaire. » Cette position, rarement vue en politique et témoignant d'une éthique électorale rigoureuse, démontre la détermination d'Assalé Tiémoko à faire la lumière sur ces Législatives ivoiriennes 2025 à Tiassalé.
Vers une bataille juridique pour la vérité des urnes
Cette situation fragilise la crédibilité des résultats dans la circonscription de Tiassalé et promet un bras de fer juridique intense. Fort de l'intégralité des procès-verbaux des bureaux de vote de la sous-préfecture de Morokro, Assalé Tiémoko Antoine a d'ores et déjà annoncé son intention de saisir le Conseil constitutionnel dans les plus brefs délais. Il espère ainsi rétablir ce qu'il considère être la « vérité des urnes » et dénoncer ce qu'il perçoit comme une entrave à la démocratie. La perte de son siège signifie également la perte de son immunité parlementaire, rendant son combat d'autant plus audacieux.
Pour le RHDP, la victoire à Tiassalé, une zone stratégique de l'Agnéby-Tiassa, représente un succès politique important, marquant une reconquête dans un bastion où l'opposition avait son ancrage. Cependant, cette victoire pourrait être entachée par la contestation persistante du député sortant et les accusations de fraude qui planent sur les résultats des Législatives ivoiriennes 2025. « L'opinion publique a le droit de savoir », a conclu Assalé Tiémoko, ouvrant ainsi une période d'incertitude sur l'avenir parlementaire de cette localité. La CEI, pour sa part, reste silencieuse face à ces allégations précises, attendant sans doute la saisine officielle du Conseil constitutionnel. L'affaire de Tiassalé sera sans aucun doute l'un des dossiers brûlants de ces élections législatives.
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