À l'approche des législatives ivoiriennes 2025 en Côte d'Ivoire, la Commission électorale indépendante () hausse le ton face aux pratiques frauduleuses, menaçant de radier des candidats.

À quatre jours des élections législatives du samedi 27 décembre 2025, la tension est palpable en Côte d'Ivoire. Le président de la Commission électorale indépendante (CEI), Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, a pris la parole ce mardi 23 décembre 2025 sur le plateau de la RTI 1, la télévision nationale, pour dénoncer de « graves irrégularités » qui minent la campagne. Un coup de semonce qui résonne comme un avertissement sans frais à l'attention de certains candidats indélicats.

L'ambiance électrique qui précède ces législatives a poussé le patron de la CEI à sortir de son silence. Les manquements au Code électoral se multiplient, jetant une ombre sur la régularité du scrutin. Falsifications, usage abusif de symboles… la liste des dérives s'allonge.

Liliyo-Okrouyo : l'affaire qui fâche

C'est l'exemple de la circonscription de Liliyo – Okrouyo qui illustre le plus crûment ces dérapages. Ibrahime Coulibaly-Kuibiert y a épinglé un candidat, non investi par le , mais qui a choisi de se présenter en indépendant tout en recourant à des documents sciemment falsifiés. « Ce candidat utilise le spécimen de bulletin de vote du candidat officiel du , mais le modifie pour faire croire qu'il est lui-même sous cette bannière ou que l'autre est indépendant », a expliqué le président de la CEI, détaillant une manœuvre qui crée une confusion flagrante chez l'électeur.

Pour la CEI, ce type d'agissements est inacceptable. C'est une « fraude administrative », une violation caractérisée. « Le spécimen est un document officiel. En changer le contenu, l'ordre ou les logos pour troubler l'esprit des citoyens est un délit de faux et usage de faux, prévu par l'article 311 du Code pénal », a martelé Ibrahime Coulibaly-Kuibiert. Le message est clair : la CEI ne laissera rien passer. Une mise en demeure a été adressée au candidat : il a jusqu'à vendredi 26 décembre pour retirer son matériel frauduleux, sous peine de sanctions.

Sanctions à la clé

Au-delà de cette affaire emblématique, d'autres irrégularités ont été recensées sur tout le territoire. L'utilisation de l'image du président de la République sur des affiches de campagne, une pratique formellement interdite, est notamment pointée du doigt. L'usage de véhicules administratifs à des fins de propagande électorale et la diffusion de fausses nouvelles pour discréditer des adversaires font également partie des griefs de la CEI. Si ces pratiques persistent, le couperet pourrait tomber.

Le calendrier est serré. Tandis que la campagne bat son plein jusqu'à vendredi, la Commission centrale de la CEI se réunira ce jour-là pour « statuer sur chaque cas de violation ». « Le vendredi soir, nous publierons une dernière liste électorale. Elle pourrait voir le retrait des noms de ceux qui auront contrevenu aux dispositions encadrant la campagne », a prévenu Ibrahime Coulibaly-Kuibiert. Les sanctions sont lourdes : radiation de la liste, mais aussi poursuites judiciaires et peines d'emprisonnement. À moins de 72 heures du vote des législatives, la CEI envoie un message ferme : le respect de la loi électorale est la condition sine qua non d'un scrutin juste et transparent.

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