Les chefs baoulés apportent leur soutien officiel à Ouattara
Les Chefs traditionnels baoulés apportent leur soutien officiel à Ouattara dans une déclaration collective pour préserver la paix et la stabilité nationale.
Les Chefs traditionnels baoulés apportent leur soutien officiel à Ouattara dans une démarche collective inédite qui rompt avec leur neutralité historique. Plus de 2000 autorités coutumières du V Baoulé signent cette déclaration du 14 juin 2025, exprimant leur adhésion à la politique du chef de l'État.
« Nous apportons notre soutien au chef de l'État, SEM Alassane Ouattara pour toutes ses initiatives et actions visant à préserver la paix durement acquise », proclame officiellement la chefferie traditionnelle dans ce texte historique.
Cette prise de position marque un tournant dans l'attitude politique des dirigeants coutumiers baoulés. Alors qu'ils revendiquaient traditionnellement leur neutralité, ils franchissent aujourd'hui le pas de l'engagement direct en faveur du pouvoir en place.
Les sept chefs régionaux signataires – Nanan N'Goran Koffi II (Gbêkê), Nanan N'Guessan Bangui (Bélier), Nanan Atto Ahizi III (Iffou), Nanan N'Guessan Beughin (N'Zi), Nanan Assi Eilo Kanvolo (Agnéby-Tiassa), Nanan Koffi Zouzou (Marahoué) et Nanan Kouassi Kouassi (Yamoussoukro) – incarnent cette nouvelle orientation.
Justification sécuritaire du ralliement
La chefferie baoulé justifie son soutien à Ouattara par les impératifs sécuritaires dans un « contexte sous-régional et mondial marqué par des confrontations armées ». Cette référence aux crises géopolitiques actuelles légitime leur choix de l'accompagnement présidentiel.
Les autorités traditionnelles saluent les efforts du président pour « préserver la sécurité des Ivoiriens, des Ivoiriennes et de tous les habitants de la Côte d'Ivoire ». Cette reconnaissance explicite de l'action gouvernementale constitue un blanc-seing politique sans précédent.
L'évocation des « confrontations armées » régionales fait directement référence aux instabilités au Mali, au Burkina Faso et aux menaces terroristes qui pèsent sur la sous-région ouest-africaine. Face à ces défis sécuritaires, la chefferie privilégie la continuité politique.
Cette analyse géostratégique révèle une lecture moderne des enjeux par les dirigeants traditionnels. Loin de se cantonner aux questions locales, ils intègrent les problématiques continentales dans leur réflexion politique.
Abandon calculé de la neutralité traditionnelle
Cette déclaration pro-Ouattara constitue une rupture assumée avec la doctrine ancestrale de non-ingérence politique. Les chefs baoulés abandonnent délibérément leur posture d'arbitres neutres pour devenir des acteurs partisans du jeu électoral.
Cette évolution stratégique s'explique par leur volonté de peser directement sur les orientations nationales plutôt que de subir les décisions prises sans eux. L'engagement pro-présidentiel leur garantit une influence directe sur les politiques publiques.
La chefferie traditionnelle calcule que ce soutien à Ouattara lui assure une meilleure protection de ses intérêts communautaires. Face aux incertitudes électorales, elle mise sur l'alliance avec le pouvoir en place plutôt que sur l'expectative.
Cette stratégie rompt avec les habitudes séculaires de prudence politique héritées de l'époque coloniale et maintenues depuis l'indépendance. Les chefs baoulés assument aujourd'hui leur conversion à l'activisme politique moderne.
Mobilisation contre les risques de crise
Les dirigeants coutumiers invoquent les traumatismes passés pour justifier leur soutien à la stabilité incarnée par Ouattara. Ils redoutent particulièrement la résurgence des « vieux démons » qui ont « déversé leurs déluges de feux sur la Côte d'Ivoire » depuis la mort d'Houphouët-Boigny.
Cette référence aux crises successives – « pertes en vies humaines », « destructions des biens publics et privés », « déconstruction du modèle social ivoirien » – justifie leur choix de la continuité présidentielle face aux risques d'alternance.
L'évocation de « la mise en péril de la nation » révèle l'ampleur de leurs craintes face aux tensions pré-électorales actuelles. Cette angoisse existentielle les pousse vers le soutien au pouvoir établi plutôt que vers l'aventure oppositionnelle.
« Cette inquiétante situation est suivie avec gravité par l'ensemble des leaders communautaires », confient-ils, révélant une mobilisation générale des élites traditionnelles autour de la préservation de l'ordre existant.
Stratégie d'influence et de protection communautaire
Ce ralliement à Ouattara s'inscrit dans une logique de protection des intérêts spécifiques du V Baoulé face aux défis contemporains. La chefferie traditionnelle mise sur cette alliance pour sécuriser sa position dans l'architecture politique nationale.
L'engagement pro-présidentiel garantit aux chefs baoulés un accès privilégié aux circuits de décision et aux ressources publiques. Cette proximité avec le pouvoir central leur assure une capacité d'intervention directe sur les dossiers sensibles.
Cette stratégie vise également à préserver l'unité interne de la communauté baoulé face aux tentatives de récupération par l'opposition. En se rangeant derrière Ouattara, la chefferie évite la fragmentation politique de sa base.
L'appel aux « acteurs politiques à la retenue pour garantir des élections libres, justes et transparentes » accompagne ce soutien présidentiel. Cette formule permet de concilier engagement partisan et préoccupations démocratiques.
Les 7 millions de Baoulés concernés par cette déclaration disposent désormais d'une orientation politique claire de leurs autorités traditionnelles. Ce soutien officiel à Ouattara pourrait influencer significativement les comportements électoraux dans cette région stratégique comptant 2,5 millions d'électeurs inscrits.
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