Pénurie de sang en Côte d’Ivoire : Le Centre de transfusion sanguine impuissant

Le sang est devenu une denrée rare au Centre national de transfusion sanguine (). Des parents assistent impuissants leurs patients dans leurs lits d’hôpital suite au manque de sang qui demeure un véritable problème. Pénurie de sang en Côte d’Ivoire.

est au bord du désespoir. Depuis quatre jours, elle défile au Centre national de transfusion sanguine (CNTS) à la recherche d’une poche de sang pour sauver sa sœur entre la vie et la mort dans un hôpital. « Elle est malade et elle a besoin de sang. Ce qui est vraiment dommage est qu’il n’y a pas de sang. C’est un problème auquel toute la communauté ivoirienne doit faire face », dit-elle.

« Je suis venu prendre du sang pour mon père qui doit subir une opération chirurgicale. J’ai laissé l’argent à la clinique qui n’a pas pu en avoir. L’opération devrait se faire ce matin à 8h mais par manque de sang, nous avons été obligés de reporter le temps qu’on ait le sang », déclare d’un air abattu .

A lire aussi : Hôpital général de Bouna : Le bloc opératoire en ruine, des malades évacués vers le Burkina Faso

A l’intérieur de l’établissement, quelques donneurs de sang se laissent aller à ce geste qui sauve des vies. « Un jour, j’ai eu à sauver mon fils qui était anémié. Comme j’étais donneur, on a fait un don et je suis allé  lui sauver la vie », affirme Mémé Traoré.

Shékina Koulikani n’est pas en marge de ce geste « Cela fait plaisir, cela fait du bien, c’est intéressant de savoir qu’à travers mon sang, des gens pourront être sauvés ». Un constat partagé, la population n’a pas la culture du don de sang.

« Je n’ai jamais donné mon sang. Je ne me suis jamais proposé cela mais, je crois que c’est une bonne chose que chacun devrait faire si il est dans les conditions de le faire », confirme Guillaume Ané. lui emboîte le pas dans le même sens : « Je n’ai jamais décidé d’aller un jour donner mon sang mais je pense que c’est quelque chose qui est bon donc prochainement je vais le faire ».

Sur près de 25 millions d’habitants que compte la Côte d’Ivoire, le CNTS a enregistré 100 mille donneurs parmi lesquels, 50 mille donneurs réguliers. Donner son sang n’est pas seulement un geste qui sauve des vies, c’est également un acte qui oxygène l’organisme.

« Le don de sang va vous permettre de régénérer votre propre sang. Le don de sang va nous permettre d’éviter les accidents vasculaires, il va aussi permettre d’oxygéner le cerveau donc, de bien réfléchir, de bien mémoriser. Il n’y a que des avantages en donnant le sang », précise Directeur du CNTS.

Le sang du donneur n’est pas directement mis à la disposition des patients, le précieux liquide est éprouvé dans une usine spécialisée où le sang est soumis à une batterie de tests ou d’examens, objectif s’assurer de la qualité  du sang avant de le mettre à la disposition des malades.

« Ce que nous pouvons demander aux ivoiriens, c’est de faire des dons de sang un crédo, de faire du don de sang leur affaire »

« Le problème de la qualité du sang ne se pose plus au niveau du CNTS, c’est le problème de la quantité. Le personnel est formé à une expertise en matière de préparation de produits sanguins. Nous avons ici des appareils qui nous permettent d’avoir des produits de bonne qualité », rassure .

La Côte d’Ivoire a gagné le combat de la qualité du sang selon les experts, reste maintenant celui de la quantité. « Ce que nous pouvons demander aux ivoiriens, c’est de faire des dons de sang un crédo, de faire du don de sang leur affaire », réagit Dr Seïdou Konaté «  l’état de Côte d’Ivoire a construit des structures de transfusion un peu partout dans le pays, mais le sang ne peut pas se fabriquer. Ce sont eux qui peuvent venir aider les structures que l’état a mis à leur disposition. 27 structures existent sur l’étendue du territoire, proches des populations, prêtes à les recevoir pour le don de sang », poursuit-il.

60% à 70% des poches de sang produites sont utilisées par les femmes et les enfants. Il suffit qu’1% de la population ivoirienne donne de son sang pour que le CNTS produise près de 300 000 poches de sang par an, de quoi couvrir le besoin national en produits sanguins.

Prince Beganssou avec la RTI

Mort d’une enseignante à l’hôpital de Koumassi : Elle est « arrivée décédée » selon le ministère de la Santé