Le tribunal de première instance d'Abidjan a renvoyé au jeudi 22 octobre 2026 le délibéré dans l'affaire opposant Charles Tchétché Abié et Siaba Antoine au Parti démocratique de Côte d'Ivoire - Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA). La présidente du tribunal, Aminata Touré, a ordonné jeudi 30 juillet 2026 la jonction des deux procédures, jugées similaires dans leurs réclamations.
Les deux plaignants, tous deux se réclamant du PDCI-RDA, contestent la légitimité du dernier congrès du parti, qui a élu Tidjane Thiam à sa présidence. Leur action faisait craindre une mise sous tutelle du parti ou l'annulation pure et simple de ce congrès.
À l'issue de l'audience, le président du groupe parlementaire PDCI-RDA, Me Blessy Jean-Chrysostome, a réagi devant la presse. Il a rappelé que la jonction des procédures avait été demandée en amont par les avocats du parti, dans un souci de bonne administration de la justice, avant d'être refusée par le tribunal.
Il a également relevé que les deux plaignants n'étaient pas à jour de leurs cotisations et avaient été suspendus de leur qualité de militant par l'ancien président Henri Konan Bédié, s'interrogeant sur leur qualité à agir devant la justice.
Une affaire qui s'ajoute à d'autres procédures judiciaires touchant le parti
Cette procédure intervient après un premier contentieux tranché le 22 mai 2025, opposant Valérie Yapo à Tidjane Thiam. Le tribunal avait alors reconnu une irrégularité dans l'élection de Tidjane Thiam en décembre 2023, ce dernier détenant encore la nationalité française au moment du scrutin, une situation prohibée par les statuts du parti. Le tribunal n'avait toutefois pas destitué Tidjane Thiam, qui avait entre-temps démissionné puis été réélu après avoir renoncé à sa nationalité française. Valérie Yapo avait été déboutée de ses autres demandes, notamment le placement du parti sous administration provisoire.
Un autre dossier concerne Calice Yapo, secrétaire exécutif du PDCI-RDA, poursuivi pour troubles à l'ordre public, diffamation et tribalisme après des propos tenus à la suite de l'invalidation d'une élection législative. Le parquet a requis en février 2026 trois ans de prison avec sursis et 500 000 francs CFA d'amende à son encontre.
Me Blessy Jean-Chrysostome a affirmé que le groupe parlementaire restait mobilisé et vigilant jusqu'à la date du 22 octobre 2026, exprimant sa confiance dans une issue conforme aux textes et règlements du parti.