Assalé Tiémoko, président de l'ADCI, a répliqué à Arthur Banga, vendredi 16 octobre 2026, dans un texte consacré à la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI). Il estime que la réponse de son interlocuteur « confirme ce qu'il prétend réfuter » et ne répond pas à la question centrale : la différence entre consultation et dialogue politique.
Selon lui, le processus décrit par Arthur Banga est une consultation. Le gouvernement recueille les propositions, retient celles qui lui paraissent pertinentes, écarte celles jugées incompatibles avec sa vision, puis rédige son texte. M. Tiémoko relève qu'aucune co-construction des règles du jeu électoral n'est établie. Il cite la phrase de son contradicteur sur les propositions « fondamentalement incompatibles avec la vision du gouvernement » : pour lui, c'est donc toujours cette vision qui reste le critère décisif.

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Sur l'expérience électorale invoquée par Arthur Banga, il répond que la crédibilité d'une institution « ne se mesure pas à l'expérience d'un candidat ». Elle dépend, selon lui, de la confiance collective des acteurs politiques et des citoyens. Il ajoute que si les critiques contre la CEI justifient sa dissolution, elles justifient aussi un dialogue politique sur l'institution appelée à la remplacer.
Le Parlement et l'exemple de 1994 en débat
Assalé Tiémoko ne conteste pas la légitimité du Parlement. Il rappelle toutefois que l'amnistie des acteurs de la rébellion, la réintégration des ex-combattants dans l'armée et la participation de candidats précédemment déclarés inéligibles n'ont pas été obtenues par de simples débats à l'Assemblée nationale. Ces sujets ont été réglés dans le cadre de dialogues politiques.

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Il revient aussi sur la référence à 1994, lorsque Arthur Banga demandait qui Henri Konan Bédié avait consulté pour le code électoral. Pour M. Tiémoko, le refus du dialogue de l'époque a débouché sur une crise : l'élection présidentielle de 1995 a été marquée par le boycott actif d'une partie importante de l'opposition et par des tensions qui ont coûté des vies humaines.
Il résume le désaccord ainsi : Arthur Banga estime qu'un gouvernement peut consulter puis décider, lui considère que, pour l'organe chargé d'organiser la compétition électorale, « consulter ne suffit pas ». Il oppose la légalité d'une décision à la légitimité d'une institution.

